Décès : L’assurance obsèques offre-t-elle une protection avantageuse ?

ARGENT Plutôt que de laisser le coût et l’organisation de vos funérailles à vos proches, vous pouvez souscrire un contrat d’assurance obsèques. Mais est-ce réellement avantageux ?

Lauren Ricard pour 20 Minutes

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IStock/ City Presse

Le coût des obsèques ne cesse d’augmenter. Pour éviter à votre famille d’avoir à avancer des frais le jour de votre décès, vous pouvez envisager de souscrire un contrat d’ assurance qui les aidera à faire face aux dépenses liées à vos obsèques.

Mais avant de signer, il est indispensable de prendre certaines précautions pour vous assurer que cette couverture est adaptée.

L’assurance obsèques, à quoi ça sert ?

L’assurance obsèques fait partie des contrats dits « à capital ». Son objectif premier est en effet de constituer un fonds, défini lors de la signature, afin de régler tout ou partie des prestations funéraires au moment du décès du souscripteur. Une variante, plus complète, peut y associer un contrat de prestations funéraires, afin de prévoir, en amont, l’organisation de la future cérémonie et de choisir notamment votre cercueil ou votre urne funéraire, une éventuelle pierre tombale…

Selon les formules, vous pouvez tout prévoir de A à Z. Et en France, près de 5 millions d’habitants ont souscrit une assurance obsèques, un chiffre en constante augmentation d’après la Fédération française de l’assurance.

Un placement à perte ?

Si, sur le papier, les assurances obsèques semblent être un moyen avantageux et simple de régler le coût de vos funérailles, la réalité est plus mitigée. Dans une étude parue en 2019 et comparant les onze leaders du marché, l’association 60 millions de consommateurs compare ces contrats à des « placements ruineux ». En cause : le fait que le montant des cotisations versées par le défunt se révèle largement supérieur à la prime reçue par les bénéficiaires.

Ainsi, un souscripteur de 62 ans versera en moyenne près de 5.400 euros en vingt ans, mais la prime touchée par sa famille ne sera que de 4.000 euros. Une perte nette moyenne de 1.400 euros qui ne fait qu’augmenter avec la durée de cotisation. Car quel que soit le montant des versements, la personne recevra la somme définie à la signature du contrat. « Plus on vit longtemps, plus on a de risques de cotiser à fonds perdus », résumait l’association.

Parmi les autres inconvénients majeurs, 60 millions de consommateurs dénonce des frais de gestion gonflés ainsi qu’un versement du capital très tardif, parfois plus d’un mois après le décès car conditionné à l’envoi de nombreuses pièces justificatives (certificat, carte d’identité, factures), ce qui oblige les proches à avancer les frais d’obsèques.

Plusieurs alternatives

Au-delà de l’assurance obsèques, vous pouvez opter pour une assurance en cas de décès. Cette forme particulière d’assurance-vie n’a qu’un seul but : verser une certaine somme à un bénéficiaire désigné lors de votre décès. Contrairement à un contrat d’épargne, ce produit de prévoyance ne vous permet pas de retirer cet argent au cours de votre vie. Si l’assurance décès vise à apporter une aide financière future à vos proches, elle présente toutefois plusieurs inconvénients relevés par 60 millions de consommateurs.

Certaines causes de décès, comme le suicide mais aussi la mort accidentelle au cours de pratiques considérées comme à risques (activités sportives « dangereuses », usage de stupéfiants), constituent en effet souvent des cas d’exclusion, tandis que si la mort ne survient pas d’ici à la fin du contrat, l’argent accumulé est tout simplement perdu.

Autre choix possible : placer de l’argent sur une assurance-vie classique dont la clause bénéficiaire pourra désigner un ou plusieurs proches. À votre décès, ils recevront les fonds dont vous n’avez pas profité de votre vivant, ce qui pourra notamment leur permettre de rembourser les frais funéraires. Enfin, vous pouvez effectuer une donation avec charges auprès d’un notaire, dont une clause stipulera qu’une partie de la somme devra être allouée à l’organisation de votre enterrement.