Saint-Nazaire : L'Etat refuse la reprise des Chantiers de l'Atlantique par l'ex-patron de Bricorama

INDUSTRIE L'homme d'affaires souhaitait participer à la reprise des chantiers de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), après l'échec du projet de rachat par l'italien Fincantieri

20 Minutes avec AFP
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Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire
Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire — L. Venance / AFP
  • L'Etat, actionnaire majoritaire, a indiqué à Jean-Claude Bourrelier, l'ex-patron de Bricorama, qu'il n'était pas favorable à son projet de reprise.
  • Bourrelier Group proposait d'acquérir environ 41% du capital des Chantiers. 

Le projet est enterré. L’ancien patron de l’enseigne de bricolage Bricorama, Jean-Claude Bourrelier, a annoncé qu’il renonçait à la prise de participation dans les Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire. L’Etat, actionnaire majoritaire, lui a indiqué qu’il n’était pas favorable à son projet de reprise. « Ils m’ont dit que le moment n’est pas venu », a confié ce mercredi Jean-Claude Bourrelier, confirmant une information des Echos.

Selon une source proche du dossier, l’Etat estimait qu’il n’y avait pas d’urgence à trouver un repreneur et souhaitait le cas échéant un partenaire industriel plus que financier, ce que n’était pas Jean-Claude Bourrelier. L’homme d’affaires, qui souhaitait une décision avant fin avril, s’est dit « un peu déçu » alors qu’il estimait présenter une solution «équilibrée et pérenne» pour l’avenir du chantier naval, après l’échec du projet de rachat par l’italien Fincantieri.

Environ 41 % du capital

Bourrelier Group (la société d’investissement familiale qu’il dirige) proposait d’acquérir environ 41 % du capital des Chantiers, spécialisés dans les paquebots et navires militaires de grande taille, tandis que « l’Etat et Naval Group détiendraient à eux deux jusqu’à 40 % du capital et se verraient reconnaître des droits particuliers au travers du pacte d’actionnaires ». La participation de Bourrelier Group aurait été placée dans un fonds de dotation pour une durée minimale de dix ans.

« Les Chantiers ont tous les moyens pour se développer, sont soutenus par l’Etat actionnaire, et ont un bon carnet de commandes », avait indiqué le ministère de l’Economie après l’échec du rachat par Fincantieri.

L’Etat, qui a repris les Chantiers en 2017 après la faillite de son propriétaire sud-coréen STX, demeure actuellement le premier actionnaire (84,3 % du capital) avec Naval Group (11,7 %), les salariés (2,4 %) et des sociétés locales réunies au sein du consortium CofiPME (1,6 %). Les Chantiers de l’Atlantique, qui ont réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros en 2019, emploient 3.100 personnes et 5.000 sous-traitants français et étrangers.