Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : L'engouement pour l'immobilier dans l’arrière-pays ne se dément pas

HABITAT Deux phénomènes sont observés depuis la fin du premier confinement : une ruée vers des espaces plus grands et la volonté d’être proche de toutes commodités

Elise Martin
— 
Une agence immobilière à Nice (Illustration)
Une agence immobilière à Nice (Illustration) — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Entre mer et montagne, le territoire azuréen est très attrayant. En plus des Maralpins qui quittent le littoral, les demandes proviennent de toutes les régions de France.
  • La crise sanitaire a accentué les volontés d’achats de biens immobiliers vers l’arrière-pays. Aujourd’hui, la demande est supérieure aux offres.
  • Cet exode permet aussi une meilleure répartition des populations entre les villes et les villages.

Besoin de calme, de plus d’espace mais surtout, d’un extérieur. Depuis un an et le premier confinement, ce sont les principaux critères de recherches des acheteurs de biens immobiliers. Et ce, particulièrement dans les Alpes-Maritimes où les demandes de maison individuelle pour l’arrière-pays se sont accentuées délaissant le littoral.

« Blausasc, Contes, L’Escarène ou encore Drap, toutes ces communes dans la vallée du Paillon sont prisées en ce moment, annonce Moïse Vergeot de l’agence immobilière GTI Orpi et président du groupement Orpi Côte d’Azur. Il y a un effet Covid-19 combiné à la possibilité d’acquérir une demeure avec ces exigences. Une maison avec un jardin, dans une de ces villes, va se vendre entre 400.000 et 600.000 euros, deux fois moins cher qu’un même bien à Nice qui ne se situe qu’à 20 kilomètres de distance. »

Les bénéfices à garder de la crise sanitaire

Ce phénomène n’est pas dû qu’aux citadins maralpins. L’agent immobilier qui exerce depuis 25 ans sur le territoire développe : « On a eu, par exemple, des Parisiens qui ont acheté une résidence principale dans la région. Ces schémas sont possibles grâce à la réorganisation du travail. Les actifs privilégient un meilleur cadre de vie et les entreprises s’adaptent. Pour certains métiers, il est possible de faire du télétravail, d’aller sur son lieu de travail qu’une fois par mois, d’avoir des horaires décalés. Les nouvelles générations préfèrent ce genre de vie. La crise sanitaire a accéléré le phénomène et c’est un bénéfice à garder ».

Même si le coronavirus joue sur les comportements d’achats, Cyril Lhuilier, agent immobilier à Nicévallées à Plan du Var, nuance. « Les gens ne raisonnent pas sur l’instant T avec le confinement surtout lorsqu’ils ont le projet d’acquérir un bien ! J’espère qu’on ne sera pas confiné pendant 25 ans, le temps qu’ils remboursent leur prêt. Il est cependant vrai qu’ils réfléchissent à leur quotidien. On se rend compte que les villages les plus demandés sont les plus équipés en commodités, avec des crèches, des médecins, des banques et des commerces. C’est aussi indispensable pour les trentenaires que pour les jeunes retraités. Puget-Théniers ou Clans sont alors les grandes vedettes. »

Plus de demandes que d’offres

Cet attrait pour l’arrière-pays entraîne alors une raréfaction des biens immobiliers sur le territoire. Cyril Lhuilier continue : « A la sortie du premier confinement, en mai 2020, la demande a explosé et depuis, ça reste constant. Les conséquences ? On est en manque de biens. »

Une réalité que confirme Cyril Messika, coprésident du syndicat Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) Côte d’Azur. « Malgré un marché actuel totalement franco-français, on a d’importants mouvements vers l’arrière-pays, de toutes les régions de France, que ce soit pour déménager ou pour une résidence secondaire. La demande est toujours importante, et surtout, supérieure à l’offre. De manière générale, il y a peu de stocks et les biens se vendent très rapidement ».

Autre effet positif de cet exode vers les zones rurales ? « Ça permet d’avoir une meilleure répartition de la population sur le territoire », conclut l’agent immobilier d’Orpi.