Alsace : De la neige, des conditions parfaites mais pas de remontées mécaniques... Les stations de ski frustrées par leur hiver

LOISIRS Sans remontées mécaniques, fermées administrativement, elles ont souffert. Mais les beaux jours pourraient les aider à rebondir...

Thibaut Gagnepain
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Au champ du Feu cet hiver.
Au champ du Feu cet hiver. — Mont Champ du Feu
  • Du nord au sud des Vosges, le constat est le même. La saison hivernale a été très compliquée pour les stations de ski en Alsace. La faute à des remontées mécaniques à l’arrêt, fermées administrativement.
  • « On a réalisé 5 % à 10 % par rapport à la même période les autres années », résume Marie Morel, chargée du développement au Mont Champ du Feu.
  • Bonnes nouvelles néanmoins : le public s’est déplacé, ce qui dénote un réel engouement pour la moyenne montagne, et a su trouver de nouvelles activités. Luge, raquettes, ski nordique…

Invitée surprise du milieu de semaine dernière, la neige n’y a rien changé. C’était trop tard. La grande majorité des stations de ski d' Alsace sont fermées avec le confinement et leur saison hivernale 2020-2021 restera donc ratée.

Du nord au sud des Vosges, le constat est le même. « Economiquement, c’est la catastrophe », résume Thomas Cron, le chef d’exploitation du Markstein-Grand Ballon, dans le Haut-Rhin. « On a réalisé 5 % à 10 % par rapport à la même période les autres années », appuie Marie Morel, chargée du développement au Mont Champ du Feu, dans le Bas-Rhin.

Sur les deux sites comme partout en France, leurs remontées mécaniques n'ont pu accueillir tout leur public habituel. Seulement les professionnels et les enfants membres d’une association affiliée à la Fédération française de ski. « A l’arrivée, ça nous a fait 7.000 journées-skieurs, contre 50.000 à 60.000 habituellement », résume le premier cité. « Nous, ça représente peut-être 500 personnes. On leur a d’abord ouvert les pistes dans une idée de fidélisation des clubs de ski », appuie sa consœur.

« On a essayé d’optimiser nos charges et frais fixes »

Dans les deux cas et faute de revenus, ce n’est pas l’entièreté du domaine qui a été damé. Tout comme ce ne sont pas l’ensemble des téléskis qui ont été mis en route. « On a essayé d’optimiser nos charges et frais fixes, c’est sûr », poursuit Marie Morel, sans vouloir trop se plaindre de la situation. D’abord « car il y a eu des aides de l’Etat » mais aussi et surtout car elle a constaté un réel engouement pour la moyenne montagne.

Le ski alpin n’est pas possible ? Le public s’est replié sur d’autres pratiques. « Le ski nordique, que nous ne gérons pas, a eu des pics de fréquentation. Nous, on a été dévalisé en luges et en raquettes. Et le tubing (où on glisse dans un pneu) a encore mieux marché que les années précédentes. » Au Markstein, les mêmes comportements ont été observés. Avec, en plus, une activité différente proposée : la piste de luge sur rails.

A l’arrêt actuellement, elle pourrait permettre d’attirer de nouveaux visiteurs dès la fin du confinement. « Nous avons aussi un petit bike-park où nous proposons une remontée vers le sommet », reprend Thomas Cron, en espérant que les beaux jours permettront d’amortir un peu les mauvais chiffres de l’hiver. « Ça compensera un peu si, comme l’an dernier, on travaille bien », appuie Marie Morel, « mais tout ce qui est perdu reste perdu ».

« Dans les Vosges, on sait que la neige n’est pas toujours au rendez-vous et qu’il faut s’adapter. Mais là on a certainement eu le meilleur enneigement depuis une vingtaine d’années et on n’a pas pu en profiter. C’est encore plus frustrant », conclut le chef d’exploitation du Markstein-Grand Ballon.