Les Etats-Unis veulent une fiscalité internationale des entreprises harmonisée

IMPOTS « Nous travaillons avec les pays du G20 pour s’entendre sur un taux minimal d’imposition sur les entreprises », a déclaré ce lundi la ministre de l’Economie et des Finances américain

20 Minutes avec AFP

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Joe Biden, le 8 mars 2021 à Washington.
Joe Biden, le 8 mars 2021 à Washington. — Patrick Semansky/AP/SIPA

Les entreprises paieront-elles un jour le même taux d’impôts sur leurs bénéfices, où qu’elles soient dans le monde ? On en est loin, mais on s’en approche peut-être un peu. Les Etats-Unis veulent pousser leurs partenaires internationaux à trouver un accord sur un taux d’imposition minimal des entreprises, quel que soit le pays dans lequel elles sont installées, au moment où eux-mêmes veulent financer un plan d’investissements en augmentant les impôts de leurs sociétés.

« Nous travaillons avec les pays du G20 pour s’entendre sur un taux minimal d’imposition sur les entreprises », a déclaré la ministre de l’Economie et des Finances de Joe Biden, Janet Yellen, lundi, lors d’un discours à Chicago.

Mettre fin au dumping fiscal

L’objectif : « Mettre fin à cette course vers le bas », à laquelle se livrent les pays, qui, pour attirer les entreprises sur leur territoire, et leur garantir un environnement compétitif, proposent aux sociétés des taux d’imposition toujours plus faibles.

« Ensemble, nous pouvons utiliser une taxation mondiale minimale sur les entreprises pour nous assurer que l’économie mondiale prospère sur la base de règles du jeu plus équitables en matière d’imposition des multinationales », a ainsi assuré Janet Yellen.

Les Etats-Unis augmentent de 21 à 28 % l’impôt sur les sociétés

Si les Etats-Unis sont si enclins à harmoniser la  fiscalité des entreprises, c’est qu’eux-mêmes ont prévu de faire payer plus aux sociétés, pour financer l’ambitieux plan d’investissements de 2.000 milliards de dollars sur huit ans dans les transports, l’industrie et les réseaux internet, présenté le 31 mars par le président Joe Biden.

Il veut en effet augmenter l’impôt sur les sociétés, qui passerait de 21 % à 28 %. Mais les négociations au Congrès s’annoncent compliquées, la mesure étant loin de faire l’unanimité. Et si un taux d’imposition minimal est adopté au niveau international, cela éviterait au pays d’être déserté par les entreprises, au profit de voisins plus généreux.

Au menu du G20 dès ce mercredi

Le sujet devrait être évoqué ce mercredi, lors d’une réunion du G20. L’organisation espère trouver un accord d’ici la réunion des ministres des Finances et Banquiers centraux des pays membres les 9 et 10 juillet.

« Ce sera un sujet du G20 mercredi lors de sa réunion et je tiens donc à dire que les impôts sont importants pour le développement et qu’il est essentiel que le monde fasse les choses correctement », a réagi le président de la Banque mondiale David Malpass, interrogé sur la chaîne CNBC à la veille de l’ouverture de leurs réunions de printemps communes avec le FMI.

Face aux critiques, Joe Biden a répété lundi face à des journalistes que cette hausse des impôts ne devrait pas conduire les entreprises américaines à déménager à l’étranger. « Nous parlons d’un taux à 28 % qui semble équitable pour tout le monde », a-t-il souligné.

« Pas un centime d’impôt »

Le président démocrate s’est aussi offusqué que les Etats-Unis comptent « 51 ou 52 groupes » parmi les 500 plus riches « qui n’ont pas payé un seul centime d’impôt depuis trois ans ».

Le projet d’accord discuté au G20 concerne tous les secteurs d’activité, mais il se pose avec une acuité particulière pour les multinationales du numérique, qui paient des impôts souvent sans rapport avec le montant de leurs bénéfices et ont été les grandes gagnantes en 2020 de la pandémie de Covid-19.