Coronavirus : Avec les nouvelles restrictions, Bercy abaisse sa prévision de croissance

PIB Du fait notamment de la fermeture des établissements scolaires et de 150.000 commerces, le ministère de l’Economie a revu la « croissance de 6 % à 5 % » pour 2021

20 Minutes avec AFP

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Le ministère de l'Economie et des Finances à Paris.
Le ministère de l'Economie et des Finances à Paris. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

La lutte contre la pandémie de Covid-19 va finalement peser un peu plus sur l’économie française. Les nouvelles mesures de restrictions conduisent le gouvernement à abaisser sa prévision de croissance d’un point cette année, a annoncé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire au Journal du dimanche.

« Fermer les établissements scolaires et 150.000 commerces est indispensable pour freiner la circulation du virus. Mais ces mesures auront un impact sur l’économie française. Nous allons donc réviser notre croissance de 6 % à 5 % pour 2021 », a expliqué le ministre, alors que le PIB français s’était contracté de 8,2 % en 2020.

Le coût total des aides est estimé à 11 milliards d’euros en avril, a rappelé Bruno Le Maire au JDD, ajoutant que « la promesse présidentielle du "quoi qu’il en coûte" sera tenue ». Cette politique de soutien sera poursuivie « tant que la crise sanitaire durera », a-t-il souligné. La fin des aides publiques sera progressive, a-t-il promis, ceci « pour ne brutaliser personne. Nous avons su protéger les entreprises dans la crise, nous saurons les accompagner à la sortie de la crise ». « Dans certains secteurs qui resteront durablement touchés, comme l’aéronautique, un soutien sera maintenu », a noté le ministre.

« Je veux rassurer les Français : nous n’avons pas de difficulté à lever de la dette sur les marchés, à des taux d’intérêt très bas. La Banque centrale européenne a confirmé le maintien de sa politique monétaire de soutien à l’économie », a remarqué Bruno Le Maire. Il a d’ailleurs répété qu’il faudrait rembourser la dette après la crise, ce qui sera selon lui possible grâce à « une croissance forte, une meilleure maîtrise des dépenses publiques de fonctionnement et la poursuite des réformes structurelles – à commencer par celle des retraites ».

Le retard du plan de relance européen

Avant d’engager un éventuel nouveau plan de relance, Bruno Le Maire veut « continuer à décaisser rapidement les 100 milliards d’euros » du programme annoncé en septembre, dont il veut dépenser la moitié d’ici la fin 2021. Le ministre de l’Economie en a profité pour fustiger à nouveau la lenteur de certains pays pour ratifier le fonds de relance européen de 750 milliards d’euros. « La France devait recevoir 5 milliards en juillet. Il est hélas peu probable que nous recevions cette somme à cette date », a-t-il ainsi regretté.

L’économie française devrait « rebondir plus vite et plus fort lorsque les restrictions sanitaires seront levées », a prédit le ministre, rappelant qu’elle avait gagné 18 % au troisième trimestre 2020. En attendant, Bruno Le Maire a mis l’accent sur certaines mesures de soutien aux commerçants affectés par les nouvelles restrictions. Ils pourront notamment recevoir comme les restaurants une aide allant jusqu’à 200.000 euros par mois. « Nous indemniserons également une partie de leurs stocks d’invendus », a-t-il indiqué, tandis que les loyers élevés des entreprises « seront pris en charge dans la limite de 10 millions d’euros ».