L’inaction climatique coûte plus cher que la prise de mesures fortes, selon des économistes

MESURES 66 % des 738 économistes interrogés estiment que les avantages d’une réduction nette des émissions d’ici à 2050 l’emporteraient sur les coûts

20 Minutes avec agences

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Manifestation pour une « vraie » loi climat, à Paris le 28 mars 2021.
Manifestation pour une « vraie » loi climat, à Paris le 28 mars 2021. — ISA HARSIN/SIPA

Agir contre le réchauffement climatique sera moins coûteux pour l’économie que l’inaction, estiment plus de 700 économistes internationaux spécialistes de la question dans une enquête publiée ce lundi. Sur 738 économistes interrogés par l’Institute for Policy Integrity de l’université de New York, 66 % s’accordent à dire que les avantages d’une réduction nette des émissions d’ici à 2050 l’emporteraient sur les coûts.

Parmi eux, 74 % affirment qu’une action « immédiate et draconienne » est nécessaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, contre 50 % d’entre eux en 2015. « Des gens qui ont passé leur carrière à étudier l’économie sont largement d’accord pour dire que le changement climatique coûtera cher et sera potentiellement dévastateur », souligne le directeur de l’institut ayant mené le sondage.

Vers une hausse des inégalités

Si le rythme actuel du réchauffement climatique se poursuit, les dommages économiques atteindront 1.700 milliards de dollars par an d’ici 2025 et environ 30.000 milliards de dollars par an d’ici 2075, selon la médiane des projections des économistes interrogés dans l’enquête, tous auteurs d’études sur le changement climatique dans des revues d’économie. Les conséquences économiques de l’inaction climatique viendraient exacerber les inégalités de revenus entre les pays riches et les pays pauvres, selon 89 % des chercheurs.

Au sein même des pays, environ 70 % de ces économistes estiment également que le changement climatique viendrait accroître les inégalités entre les classes populaires et les plus aisées. Les économistes restent néanmoins optimistes sur le développement rapide des énergies propres, estimant que plus de 50 % du bouquet énergétique mondial sera constitué de technologies à émissions nulles d’ici 2050, la part actuelle étant d’environ 10 %.