Marseille : La start-up Ballons & co veut faire de l’insertion en recyclant des ballons de foot

INNOVATION L’entreprise Ballons & co ambitionne d’insérer des personnes éloignées de l’emploi en produisant des ballons de foot aux normes Fifa en réutilisant des ballons usagés

Adrien Max

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Agathe et Jean-Baptiste, à l'origine de Ballons&Co
Agathe et Jean-Baptiste, à l'origine de Ballons&Co — Adrien Max / 20 Minutes
  • Jean-Baptiste et Agathe ont fondé l’entreprise Ballons & co à Marseille. Ils veulent produire à des ballons de football aux normes Fifa en s’appuyant sur la réinsertion de personnes coupées de l’emploi et en recyclant de vieux ballons.
  • L’entreprise est arrivée deuxième à la Coupe de France des jeunes entrepreneurs sociaux organisée par Make Sense, ce qui devrait lui donner un coup de pouce avant le lancement de la production.

Un cercle vertueux pour le ballon. L’entreprise marseillaise Ballons & co se lance dans une production locale, sociale et environnementale de ballons de foot. Pour produire ces ballons aux normes Fifa, la start-up va s’appuyer sur le recyclage de ballons usagés et veut permettre à des personnes éloignées de l’emploi de se réinsérer.

« Cette volonté part de qui on est. On veut un projet humain, social, qui rassemble. En France, on a la chance d’avoir des dispositifs qui permettent la réinsertion de personnes éloignées de l’emploi avec une incitation financière. Nous souhaitons recruter des personnes au RSA, en chômage longue durée, des jeunes et des moins jeunes sans qualification », explique Agathe, à l’origine du projet avec Jean-Baptiste.

« 100 % de matière pétrosourcée »

Si le premier axe visé par l’entreprise a une portée sociale, le second se veut innovant à travers la protection de l’environnement. « Aujourd’hui, un ballon est composé à 100 % de matière pétrosourcée, et plus aucun n’est produit en Europe. L’essentielle de la production se situe en Inde, au Pakistan ou en Chine. Et les ballons qui partent à la poubelle ne sont ni recyclés ni réutilisés », constate Jean-Baptiste.

Voici comment Ballons & co va s’y prendre pour produire ses ballons : « Pour les vessies, il s’agit d’upcycling, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas recyclées mais réutilisées telles quelles sans transformation. Nous irons les chercher auprès des clubs de foot de Marseille par exemple. Et pour le cuir, une société kenyane récupère du cuir de sièges d’avions, de voiture, et le recycle en octogones qui n’ont plus qu’à être cousus autour de la vessie. »

Sur les ballons produits, près de 80 % des matériaux utilisées seront recyclés ou réutilisés. « Nous sommes en discussion avec MTBRecycling à Lyon, l’une des deux entreprises leaders du recyclage en Europe, pour broyer la couche supérieure des ballons que nous récupérerons, et la transformer en isolant thermique et phonique. Ils sont partants, mais ces industriels parlent en tonnes donc il faut encore voir la logistique. Et l’autre difficulté, c’est la couche qui permet d’isoler le cuir et de le colorer, et là c’est du synthétique », confie Agathe.

300 ballons pour Noël

La deuxième place obtenue à la Coupe de France des jeunes entrepreneurs sociaux organisée par

 doit leur servir d’accélérateur : « Ça nous a permis d’intégrer le starter Intermed, un dispositif européen installé à la Friche la Belle de Mai qui permet de faire émerger des projets sociaux et inclusifs. On y est depuis une semaine, on va pouvoir finaliser les éléments d’études de marché, l’analyse financière, juridique. »

Ballons & Co va justement entrer dans la phase de recherche de fonds auprès des collectivités territoriales et de quelle manière lancer le projet. « On doit voir si on recrute directement des personnes pour les réinsérer ou si on passe par une structure déjà existante, les débuts sont toujours très déterminants pour la suite. On n’a pas trop le droit à l’erreur », confie Jean-Baptiste.

Avec Agathe, ils espèrent arriver à un rythme de croisière de 80.000 à 100.000 ballons produits, pourquoi pas dans plusieurs ateliers, avec un prix de vente avoisinant les 50 euros. « On veut avoir produit les 300 premiers ballons pour Noël parce qu’on est quasiment certains que ça peut être très porteur auprès des populations sensibles aux aspects sociaux et écologiques », croit Agathe. Ils réfléchissent aussi à une formule un peu plus onéreuse, mais permettant de réparer le ballon, un peu sur le modèle de la marque Patagonia.