En Irak, après les guerres viennent les bonnes affaires

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Total prépare son come-back au pays des troisièmes réserves prouvées en pétrole (115 milliards de barils). Le géant pétrolier n'a attendu ni la visite surprise de Nicolas Sarkozy à Bagdad cette semaine - incitant les compagnies françaises à venir investir -, ni la stabilisation de la situation sécuritaire, récente, pour préparer le terrain. « On est en discussion avec le gouvernement irakien », nous confirme Total, qui refuse de préciser depuis quand.

Les autorités ont lancé un appel d'offres pour redévelopper six champs pétrolifères, en berne après les guerres successives. Total est déjà « préqualifié », mais négocie les termes du contrat. « Les Irakiens veulent des contrats de service, ce qui n'est pas ce que l'on préfère », glisse-t-on chez le groupe. « Les contrats de service peuvent être lucratifs, mais ils ne donnent pas de droit sur les réserves. Les compagnies préfèrent les contrats de partage de production », traduit Francis Perrin, directeur de la rédaction de Pétrole et gaz arabes.

Total a surtout des vues sur deux champs pleins de promesses, qu'il avait déjà étudiés pour prendre de l'avance sur d'éventuels concurrents : Majoun (dont la capacité de production est estimée à au moins 600 000 barils/jour) et Bin Amr. La sécurité s'étant améliorée dans le pays, Total pourrait bientôt renouer avec ses premières amours : c'est en Irak, en 1927, que l'entreprise avait fait ses débuts de compagnie pétrolière. ■Faustine Vincent