Coronavirus : Bruno Le Maire compte sur les entreprises pour rembourser la dette

FINANCES PUBLIQUES Le ministre de l’Economie propose de mobiliser une partie de l’impôt sur les sociétés pour rembourser les dépenses liées à la crise sanitaire

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, à Rome le 19 mars 2021.
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, à Rome le 19 mars 2021. — Piero Tenagli / IPA/IPA/SIPA

L’exécutif commence à avancer des solutions pour rembourser la dette publique générée par la crise sanitaire. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a ainsi proposé lundi soir de consacrer à cet objectif une part des recettes futures de l’impôt sur les sociétés.

« Si demain (…) les entreprises renouent avec la croissance, ont une croissance supplémentaire, et donc que les recettes de l’impôt sur les sociétés augmentent, est-ce qu’il ne serait pas efficace, est-ce qu’il ne serait pas juste, de consacrer une part de l’augmentation de cet impôt sur les sociétés (…) au remboursement de la dette Covid ? », a interrogé le ministre lors d’un débat sur la dette à l’Assemblée nationale.

« Une solution juste et efficace »

« Nous avons permis aux entreprises de résister à cette crise », a-t-il justifié, grâce aux aides mobilisées par l’État pour les soutenir, comme le fonds de solidarité, les prêts garantis par l’État ou le chômage partiel. « Les entreprises vont rendre ce qu’elles ont réussi à obtenir grâce à la protection de l’État », a insisté Bruno Le Maire, ajoutant que « c’est une solution juste et efficace qui mérite en tout cas d’être étudiée ».

La crise sanitaire a fait bondir la dette publique à environ 120 % du PIB l’an dernier, générant 215 milliards d’euros supplémentaires d’endettement public. Une partie, 75 milliards, concerne les organismes sociaux, et doit déjà être cantonnée via la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), et remboursée grâce au prolongement de la CRDS, un prélèvement sur les salaires, selon le système existant pour l’apurement de la dette sociale pré-Covid.

Refus de l’annulation

La question de la soutenabilité de cette dette et de son remboursement suscite de vifs débats, certains économistes et élus défendant son annulation en partie. Bruno Le Maire s’est de nouveau opposé à une telle idée, la jugeant « dangereuse » et « inutile ». Pour la rembourser, il a répété son refus d’une augmentation des impôts. En revanche, il compte sur la relance de la croissance et sur des « réformes structurelles », comme celle des retraites, pour l’instant en suspens. Il a aussi de nouveau proposé une réforme de la gouvernance des finances publiques, avec la mise en place d’une règle de dépense pluriannuelle, par exemple sur cinq ans.