Nokia annonce un plan de 5.000 à 10.000 suppressions d'emplois en deux ans, la France pas concernée

CRISE La branche française de Nokia étant déjà concernée par un plan de suppression d'un millier d'emplois, elle n'est pas concernée par cette restruction mondiale 

20 Minutes avec AFP
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Le quartier général du finlandais Nokia
Le quartier général du finlandais Nokia — Vesa Moilanen/AP/SIPA

Dans le cadre d’un important plan de réduction de coûts, Nokia prévoit de supprimer 5.000 à 10.000 emplois d’ici deux ans, soit jusqu’à 11 % de ses effectifs, a annoncé l’équipementier télécom finlandais, ce mardi, précisant que la France n’était pas concernée par ce nouveau plan.

« La France est exclue en raison de la restructuration précédemment annoncée », a déclaré une porte-parole du groupe au siège en Finlande, la branche française de Nokia étant déjà concernée par un plan de suppression d'un millier d'emplois. Cette restructuration mondiale doit se traduire par un groupe de « 80.000 à 85.000 employés d’ici 18 à 24 mois, contre environ 90.000 chez Nokia aujourd’hui. Le nombre exact dépendra de l’évolution du marché dans les deux ans à venir », écrit l’entreprise dans un communiqué, affirmant qu’il était « trop tôt » pour dévoiler les pays concernés.

Un millier d’emplois hérités d’Alcatel-Lucent

Après le rachat de son concurrent franco-canadien Alcatel-Lucent en 2016, les effectifs du groupe, qui est sorti en 2013 de son activité historique de fabrication de téléphones mobiles, étaient repassés au-dessus des 100.000. Des réductions d’effectifs et d’importantes réductions de coût sont déjà en cours, notamment en France, où Nokia est en train de supprimer dans la douleur un millier d'emplois hérités d'Alcatel-Lucent.

Numéro 3 mondial des réseaux de cinquième génération 5G, le groupe dirigé depuis août par Pekka Lundmark lutte pour rester au contact de ses principaux concurrents, le suédois Ericsson et surtout le chinois Huawei. « Des décisions qui ont un impact potentiel sur nos employés ne sont jamais prises à la légère. S’assurer que nous avons la bonne configuration et les bonnes capacités est un pas nécessaire pour fournir une performance durable de long terme », a plaidé dans le communiqué le PDG, qui a fait de la 5G la priorité absolue de Nokia.

Le plan détaillé dévoilé jeudi

Le plan annoncé mardi doit entraîner une baisse des coûts de Nokia « d’environ 600 millions d’euros d’ici la fin 2023 », destinés à financer des investissements dans la recherche et développement et des « capacités futures » explique le groupe finlandais.

Il fait suite à la réorganisation déjà annoncée du groupe en quatre branches d’activité. Nokia, qui a subi une lourde perte en 2020 liée à une charge exceptionnelle en Finlande, avait prévenu le mois dernier qu’il prévoyait des « vents contraires » en 2021, notamment dans la 5G en Amérique du Nord. Les frais de restructuration devraient eux avoisiner les 600 à 700 millions d’euros, là aussi d’ici 2023, précise Nokia. Le groupe doit détailler sa stratégie jeudi lors d’une journée de présentation aux investisseurs.