Amazon : L’Etat donne son feu vert pour l’installation d’un entrepôt près de Rouen

E-COMMERCE La métropole de Rouen avait voté contre en octobre

20 Minutes avec AFP
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Le préfet de Seine-maritime approuve l'installation d'un entrepôt Amazon pour du e-commerce près de Rouen.
Le préfet de Seine-maritime approuve l'installation d'un entrepôt Amazon pour du e-commerce près de Rouen. — DENIS CHARLET / AFP

Ce jeudi, le préfet de Seine-maritime a signé deux arrêtés autorisant « la réalisation d’un entrepôt de stockage de grande capacité pour le e-commerce à Petit-Couronne » destiné à Amazon, dans l’agglomération de Rouen.

L’exploitant a réalisé « un important travail pour faire évoluer son projet en y intégrant les recommandations du SDIS 76 [service départemental d’incendie et de secours] en matière de sécurité incendie telles qu’elles figuraient dans ses rapports du 12 juin et du 14 août 2020, s’appuyant sur le retour d’expérience de l’incendie du 26 septembre 2019 », sur le site Seveso Lubrizol, précise la préfecture dans un communiqué.

Amazon a promis 1.200 emplois

La métropole de Rouen, présidée par un socialiste allié à EELV​, avait voté contre ce projet en octobre face aux inquiétudes du SDIS. Les pompiers craignaient dans un rapport d’être confrontés à une « impossibilité opérationnelle » et estimaient qu’un incendie de grande ampleur pourrait produire « un volume de fumée supérieur à celui produit lors de l’incendie du 26 septembre 2019 ». Interrogée jeudi, la métropole n’a pas souhaité commenter cette annonce de la préfecture.

Le maire socialiste de Petit-Couronne Joël Bigot a lui fait part de son « entière satisfaction ». « Moi, ce que je vois, c’est l’emploi pour les habitants de Petit-Couronne », a déclaré l’élu. Selon lui, Amazon a promis 1.200 emplois au minimum dans sa commune, dont le taux de chômage avoisine les 17 %.

Reconvertir le site de l’ancienne raffinerie Petroplus

« L’arrivée de cette nouvelle activité génératrice d’emplois s’inscrit dans une action de long terme visant à reconvertir le site de l’ancienne raffinerie Petroplus, ajoute la préfecture. Elle participe de ce fait à la lutte contre l’étalement urbain par le recyclage d’anciens sites industriels. »

Ces autorisations sont attribuées à la société Gazeley, basée au Luxembourg. Mais selon les élus de la métropole, Gazeley louera à Amazon. Un premier arrêté autorise l’exploitation au titre des Installations classées pour l’environnement (ICPE). Le second est une autorisation au titre du Code de l’environnement. Ils font suite à un avis favorable du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) le 12 janvier, souligne la préfecture.

L’association StopAmazon76 va attaquer le projet

Selon France nature environnement (FNE) qui vote au Coderst, l’avis n’a été adopté qu’à une courte majorité. Et l'association StopAmazon76 annonce des recours. « On attaquera le projet à la fois au regard du Code de l’urbanisme et du Code de l’environnement », via des recours gracieux et le tribunal administratif, a indiqué Louis, un des porte-parole du collectif soutenu par FNE, les Amis de la terre et Attac. Ils ont deux mois pour faire appel du premier arrêté.

Le collectif « doute fortement » que les problèmes soulevés par les pompiers soient réglés. Il entend « empêcher Amazon de détruire l’emploi » dans le commerce et « le climat ». L’Autorité environnementale a jugé « important » l’impact du projet sur les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l’air. Le commissaire enquêteur avait rendu un avis favorable le 20 octobre à ce projet tout en demandant que les recommandations du SDIS soient prises en compte, rappelle la préfecture.