Coronavirus : Les aides à l’embauche prolongées au minimum jusqu'à fin mai

BOULOT Le gouvernement veut offrir de la visibilité aux employeurs

20 Minutes avec AFP
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Elisabeth Borne, la ministre du Travail.
Elisabeth Borne, la ministre du Travail. — ERIC PIERMONT / AFP

Les aides exceptionnelles à l’embauche des jeunes et au recrutement d’alternants, décidées cet été jusqu’au 31 mars, seront au minimum prolongées jusqu’à fin mai, a-t-on appris de sources syndicales ce mercredi. Avec comme principe conducteur « de la visibilité pour l’employeur et de la dégressivité pour préparer l’après », le ministère du Travail a présenté plusieurs options aux syndicats sur la prolongation de ces aides. L’arbitrage final sera annoncé lors de la conférence de dialogue social le 15 mars à Matignon.

Pour l’aide à l’embauche de jeunes de moins de 26 ans (1.000 euros par trimestre de contrat pendant au maximum un an), le ministère a soumis deux hypothèses. Dans l’hypothèse « haute », le dispositif est prolongé jusqu’à fin mai selon les mêmes modalités (jusqu’à une rémunération de deux Smic), puis jusqu’à fin octobre aux jeunes dont la rémunération est inférieure à 1,6 Smic (90 % des jeunes). Le surcoût après mars serait alors de 750 millions d’euros. Dans l’hypothèse « basse », le dispositif s’arrête fin mai et le seuil d’1,6 Smic est retenu après mars. Le surcoût n’est alors plus que de 150 millions d’euros.

340.000 demandes d’aides entre août et janvier

Selon le ministère, près de 1,3 million de jeunes de moins de 26 ans ont été embauchés en CDI ou CDD de plus de trois mois entre août et janvier, dont 340.000 ont fait l’objet pour l’instant d’une demande d’aide. Le coût entre juillet 2020 et le 31 mars 2021 est évalué à 803 millions d’euros. Pour les aides à l’apprentissage et aux contrats de professionnalisation (8.000 euros pour un majeur, 5.000 pour un mineur), l’hypothèse haute serait de les prolonger à l’identique jusque fin mai, puis, entre mai et décembre d’exclure les bac +5 et de réduire l’aide à 4.000 euros pour les entreprises de plus de 250 salariés. Le surcoût après mars serait de l’ordre de 1,7 milliard d’euros.

Dans l’hypothèse basse, le dispositif s’arrête fin mai, et le surcoût n’est que de 70 millions d’euros. Le ministère a enregistré jusqu’ici 495.000 demandes d’aides pour un coût évalué entre juillet 2020 et le 31 mars 2021 à 2,3 milliards d’euros. La conférence de dialogue devrait être axée sur « la préparation de la sortie de crise ». La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a indiqué ce mardi que « des concertations sectorielles seraient menées dès la semaine prochaine pour préparer la levée progressive des restrictions sanitaires et adapter de manière pertinente le niveau de soutien aux entreprises dans la perspective de ces allégements ».