Rodez : Premier employeur privé de l’Aveyron, Bosch va supprimer 750 emplois sur 1.250

CRISE La direction de Bosch a annoncé vendredi la suppression de 750 emplois dans son usine d’Onet-le-Château, dans la banlieue de Rodez

20 Minutes avec AFP

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L'usine Bosch d'Onet-le-Château, en banlieue de Rodez, va perdre 750 de ses 1.250 emplois d'ici 2025.
L'usine Bosch d'Onet-le-Château, en banlieue de Rodez, va perdre 750 de ses 1.250 emplois d'ici 2025. — José A. Torres / AFP

Pour la direction de Bosch, cette mesure est « indispensable » en raison de la chute des ventes des véhicules à moteur diesel. L’équipementier automobile allemand a annoncé vendredi qu’il allait supprimer 750 emplois d’ici 2025 dans son usine d’Onet-le-Château, dans la banlieue de Rodez. Une annonce très dure à encaisser sur place, alors que le site est le principal employeur privé de l’Aveyron.

« On va réduire les équipes dans les années à venir, d’ici 2025, à 500 personnes », a déclaré le président de Bosch pour la France et le Benelux, Heiko Carrie. Les 1.250 salariés de l’usine de l’Aveyron fabriquent des injecteurs et des bougies pour véhicules diesel, dont la demande a considérablement diminué. « La volonté est d’éviter les départs contraints » par le biais de retraites anticipées et de départs volontaires, avance le dirigeant.

Un plan « inacceptable » pour le maire de Rodez

La réduction des effectifs débutera dès 2021. A la fin de l’année, le nombre de salariés baissera à 1.100, prévoit Heiko Carrie. Cette restructuration « donne une vraie perspective pour le site et une stabilité nécessaire pour les années à venir, assure le patron de Bosch France. On n’est plus dans une logique de fermeture du site. »

Le maire LREM de Rodez Christian Teyssèdre juge ce plan social « inacceptable » et l’attitude de Bosch « scandaleuse ». « Ils ont gagné des millions d’euros ici depuis 50 ans, ils nous ont menés en bateau depuis trois ans », a-t-il déclaré.

Les doutes des syndicats sur la pérennité du site

A son apogée au début des années 2000, l’usine a compté jusqu’à 2.400 salariés. « Nous sommes en colère. Indirectement, ils nous annoncent la fin du site. Pour sauver le site à moyen terme, il faudrait des investissements, mais il n’y a rien », a réagi Vanessa Negre, secrétaire CGT, syndicat majoritaire chez Bosch à Onet-le-Château.

Elle se montre dubitative sur l’absence de licenciements. « S’il n’y a pas 700 volontaires, il y aura un PSE derrière ». Et elle voit mal les salariés se porter volontaires, s’ils n’ont pas une alternative professionnelle.

Pour le délégué SUD Cédric Belledent, « cette annonce est un véritable coup de massue, un couteau dans le dos ! On fera tout pour éviter ce drame. Autant de suppressions d’emplois, on ne s’y attendait pas et c’est difficile à avaler ».

« Une usine à 500 employés, ce n’est pas acceptable : cela veut aussi dire que si dans cinq ou six ans, le marché connaît encore des difficultés, le couperet tombera », dit le syndicaliste, en référence à la garantie sur le maintien des 500 emplois qui court seulement jusqu’en 2027.

De son côté, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire souligne que « la fermeture du site est désormais écartée (…) grâce à la mobilisation de tous, au premier rang desquels les salariés ». Il appelle Bosch à éviter des « départs contraints » et à « compenser la perte d’emplois industriels », par exemple en accompagnant des « partenaires extérieurs qui pourraient s’installer sur le site pour y créer de nouvelles activités ».

Egalement des suppressions d’emplois sur le site de Vendôme

Présent dans l’automobile, l’électronique et l’énergie, Bosch dispose de neuf usines en France où l’équipementier emploie environ 6.000 salariés. Dans le monde, il compte près de 400.000 salariés.

En décembre, l’entreprise allemande a annoncé l’arrêt fin 2021 d’une ligne de production de colonnes de direction à assistance électrique sur son site de Vendôme (Loir-et-Cher), soit une suppression de 75 emplois sur 500.