Vers la fin des cadeaux bonus

Lionel Cartegini (avec AFP)

— 

Les banques ont reçu le message. Lors de son intervention de jeudi dernier, Nicolas Sarkozy s'en est pris au « système de rémunération de ceux qu'on appelle les traders, ces jeunes gens qui jouaient à spéculer », ajoutant que « ça a conduit à la catastrophe que l'on sait », avant de conclure : « C'est ça qu'il faut interdire. » Les grands établissements bancaires français, et leurs autorités de contrôle, n'ont pas tardé à réagir. « Dans le souci de l'intérêt économique général », ils soumettront, en milieu de semaine, à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, des mesures visant à encadrer les salaires et les primes de ces opérateurs de marchés.

Il y a urgence. Selon Le Monde daté d'hier, l'Etat en ferait une « contrepartie » à son aide bancaire. Ce « code éthique », qui devrait entrer en vigueur cette année pour les primes que les traders toucheront début 2010, concernerait tous les professionnels des marchés financiers. Son objectif ? Mettre fin aux excès, jugés « honteux » (voir l'affaire Kerviel), de ces dernières années, en modérant la part variable de la rémunération afin de ne pas encourager des prises de risques excessives. Ces nouvelles règles veulent aussi limiter, voire interdire, les « bonus garantis », très répandus, qui permettent le versement d'argent pour s'attacher les meilleurs traders. Parfois à n'importe quel prix et quelles que soient leurs performances. Ainsi, la part de salaire variable du trader ne serait plus versée qu'en fonction « des gains réels pour l'entreprise tout en tenant compte des intérêts des clients ». Enfin, côté transparence, chaque conseil d'administration devra être mieux informé des principes de la politique de rémunération et de leur « déclinaison au niveau individuel ». ■