Insertion : Les critères d’entrée dans la Garantie jeunes assouplis

TRAVAIL La Garantie jeunes assure aux jeunes de 16 à 25 ans sans emploi ou formation une allocation mensuelle

J.-L.D. avec AFP

— 

Elisabeth Borne veut faire plus pour les jeunes
Elisabeth Borne veut faire plus pour les jeunes — Lionel Urman/Sipa USA/SIPA

La ministre du Travail Elisabeth Borne a annoncé ce lundi un assouplissement des critères d’entrée dans la Garantie jeunes pour atteindre l’objectif de doubler en 2021 les bénéficiaires de ce dispositif d’insertion des jeunes sans emploi ni formation.

Créée sous le quinquennat Hollande, la Garantie jeunes assure aux jeunes de 16 à 25 ans qui ne sont « ni en emploi ni en études ni en formation » une allocation mensuelle (d’un montant maximal de 497 euros contre 564 pour le RSA). En contrepartie, les bénéficiaires s’engagent à suivre un parcours d’insertion intensif en mission locale.

Pas besoin d’être fiscalement autonome des parents

Selon la Dares, fin 2019, 43 % des bénéficiaires – dont 75 % n’avaient pas le niveau Bac – avaient ainsi accédé à un emploi, une formation, un contrat en alternance ou une création d’entreprise. Fin novembre, dans le cadre de son plan « un jeune, une solution », le gouvernement a annoncé le doublement de son nombre de bénéficiaires en 2021 à 200.000.

Pour cela, « on va assouplir des critères d’éligibilité », a déclaré Élisabeth Borne à l’issue d’une visioconférence avec les directeurs de missions locales. « Le jeune n’aura notamment plus besoin d’être fiscalement autonome du foyer de ses parents », a-t-elle indiqué, ce qui dissuadait certains d’entrer en Garantie jeunes par peur de causer des difficultés financières aux parents.

Le budget des Missions locales en augmentation

Ses ressources (pas de revenus supérieurs au RSA pour entrer dans le dispositif) seront évaluées sur les six mois précédant au lieu de trois. La durée du parcours pourra être modulée de 9 à 18 mois (au lieu de 12 mois) et les jeunes en situation de handicap pourront y accéder jusqu’à 30 ans.

Par ailleurs, « on va augmenter très fortement le budget des Missions locales dès février de 140 millions euros pour atteindre 500 millions en 2021 », a indiqué Elisabeth Borne. Cette hausse leur « sera versée dès février pour que les missions locales aient de la visibilité », a-t-elle précisé.

Ces « premiers assouplissements » s’inscrivent dans la perspective des travaux sur « une Garantie jeunes universelle », c’est-à-dire la généralisation de la rémunération des parcours vers l’emploi que le gouvernement préfère à une extension du RSA aux moins de 25 ans.