Loire-Atlantique : Les chefs d’entreprise plutôt « confiants » pour une reprise en 2021

OPTIMISME Après une année 2020 évidemment très compliquée, les chefs d'entreprise entrevoient des jours meilleurs, selon les enquêtes de la CCI et de la Banque de France

Frédéric Brenon
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Chantier de construction à Sainte-Luce-sur-Loire (illustration).
Chantier de construction à Sainte-Luce-sur-Loire (illustration). — S.Salom-Gomis/Sipa
  • 58 % des entreprises de Loire-Atlantique accusent une baisse de chiffre d’affaires.
  • La plupart des secteurs tablent sur une croissance d'activité en 2021.
  • Pour autant, les trois quarts des dirigeants interrogés prévoient de ne pas recruter.

Ça ne surprendra personne : l’année 2020 a été marquée par un sacré un coup d’arrêt pour l’économie du département de Loire-Atlantique. Dans un contexte de crise sanitaire, 58 % des entreprises du département accusent une baisse de chiffre d’affaires, en particulier dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, de l’industrie et de la construction, révèle l’enquête de conjoncture économique réalisée par la Banque de France et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI).

Mais le département s’en sort « globalement mieux » que la moyenne nationale. Seuls 15 % des entreprises indiquent ainsi avoir réduit leurs effectifs en 2020. Et quelque 22 % déclarent même un chiffre d’affaires en hausse accompagné, le plus souvent, de recrutements. On trouve ces dernières dans les secteurs du digital, des services informatiques, de l’agroalimentaire ou des énergies marines renouvelables.

« On voit bien que les carnets de commandes se reconstituent »

Et pour 2021 alors ? Eh bien, si la prudence reste majoritairement de mise dans un contexte toujours incertain, les chefs d’entreprise « sont relativement confiants » et « s’attendent à une reprise d’activité avec des croissances de 5 % à 10 % », rapportent la CCI et la Banque de France. « L’industrie table sur une bonne dynamique d’ensemble, le moral de ses dirigeants n’a pas été trop touché. L’aéronautique a bien évidemment souffert mais son plan de relance, soutenu par l’Etat, est fort. Tous les services marchands présentent des perspectives favorables et une croissance supérieure à 7 %. La construction devrait également connaître une bonne dynamique », considère Hassiba Kaabeche, directrice régionale de la Banque de France.

« On a un indice de confiance des chefs d’entreprise qui progresse depuis septembre. Ce n’est pas vraiment une surprise, on voit bien depuis plusieurs mois que les carnets de commandes se reconstituent », complète Yann Trichard, président de la CCI de Nantes-Saint-Nazaire. L’embellie sur l’emploi devrait toutefois être lente puisque plus des trois quarts des entreprises interrogées prévoient de ne pas recruter.

« L’économie s’est adaptée au contexte »

La Banque de France et la CCI louent la « diversité » du tissu économique et la « solidarité entre dirigeants » qui permettent à la région Pays-de-la-Loire, et au département de Loire-Atlantique en particulier, de « mieux résister » que d’autres. Ils saluent aussi l’aide « essentielle » des plans de relance (Etat, région, Europe).

Et si la situation sanitaire ne s’améliorait pas en 2021 ? « Il faudrait probablement revoir les prévisions, admet Yann Trichard. Mais l’économie a su s’adapter au contexte. Si le soutien de l’Etat demeure, elle continuera de fonctionner. » La CCI et la Banque de France insistent aussi sur le rôle des consommateurs si le coronavirus s’éloigne. « Il y a actuellement un surplus d’épargne chez les ménages, indique Hassiba Kaabeche. La sortie de crise sera réussie à condition que la consommation reparte significativement. Ce sera un enjeu majeur. »