Sans confinement, la France pourrait connaître une croissance d'1,5% au premier trimestre 2021

PIB En cas de confinement, cette croissance deviendrait nulle ou négative, en fonction de sa durée

20 Minutes avec AFP
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Une rue commerçante de Nantes (image d'illustration).
Une rue commerçante de Nantes (image d'illustration). — LOIC VENANCE / AFP

La France connaîtra une croissance de 1,5 % au premier trimestre dans l’hypothèse où les restrictions sanitaires resteraient celles du mois de janvier, a estimé ce jeudi l’Insee.

Dans le cas d’un confinement du type de celui de novembre d’une durée d’un mois, cette croissance deviendrait nulle, et le produit intérieur brut (PIB) se rétracterait de 1 % si ce confinement devait durer sept semaines, a ajouté l’Institut national des statistiques. Le niveau du PIB restera en retrait par rapport à son niveau d’avant-crise, c’est-à-dire celui du quatrième trimestre 2019, de 4,5 ou 6 points de pourcentage en fonction de chacun des trois scénarios.

Du mieux en fin d’année

Sur l’ensemble de l’année 2020, l’objectif de 6 % de croissance que s’est fixé le gouvernement « n’est pas inatteignable », a estimé Julien Pouget, chef du département conjoncture de l’Insee, lors d’un point de presse en ligne. Il a notamment mis en avant le recul moins important que prévu du PIB au dernier trimestre 2020 (-1,3 %) malgré le deuxième confinement, ce qui amène « un effet d’acquis plus important » permettant d’entamer l’année 2021 sur une meilleure base.

Cette bonne nouvelle permet aussi de « réviser à la baisse le coût du durcissement des mesures sanitaires », selon lui. Même « un confinement plus dur n’aurait pas le même impact qu’avril-mai, [car] il y a eu énormément d’apprentissages et d’adaptation, le télétravail s’est développé, on a des masques, on a des tests », a expliqué Julien Pouget.

L’impact du couvre-feu

Mais « la crise est une épreuve d’endurance, [et] plus ça dure, plus la capacité de rebond devient incertaine dans les secteurs les plus affectés », a également estimé le responsable de l’Insee. La consommation des ménages, principale composante du PIB, est restée inférieure de 7 % en janvier par rapport à son niveau d’avant la crise, a encore rapporté l’institut.

Décembre avait été marqué par un fort rebond de la consommation après le deuxième confinement, avec un écart de seulement 4 % par rapport au quatrième trimestre 2019, après -15 % en novembre durant le deuxième confinement.

Analysant des données de cartes bancaires et de caisses dans la grande distribution, l’Insee a notamment relevé une chute de 6 % à 7 % de la consommation au moment de l’avancée à 18 heures des couvre-feux dans les différents départements.