Coronavirus : Les Français restent confiants envers leurs banques, mais parfois imprudents avec leurs données

SONDAGE La crise a également confirmé le développement des outils de gestion numériques

Nicolas Raffin
Illustration d'un distributeur de billets.
Illustration d'un distributeur de billets. — Fred TANNEAU
  • Une étude parue ce mardi éclaire la perception qu’ont les Francais des banques.
  • La crise du Covid-19 a plutôt renforcé la confiance des sondés envers les établissements bancaires.
  • Et le paiement sans-contact confirme sa démocratisation.

Durement critiquées en 2008 pour leur responsabilité dans la crise économique, les banques seraient-elles en train de se racheter auprès du public avec le coronavirus ? C’est en tout cas ce que tend à montrer la deuxième édition de l’enquête Ifop « Les Français, leur banque, leurs attentes »* publiée ce mardi. Commandée par la Fédération bancaire française (FBF), elle dresse un état des lieux assez large du rapport des citoyens à leurs établissements bancaires.

Le premier constat, c’est que les banques n’ont pas vu leur image déstabilisée par la pandémie. Quand on les interroge sur « leur » banque, « leur » agence, ou « leur » conseiller, les Français sont à chaque fois ultra-majoritaires (plus de 85 %) à considérer que leurs établissements ont une « bonne image » à leurs yeux. En revanche, la perception des banques « en général » est moins bonne : seuls 61 % des Français en ont une bonne image.

Gestion de l’épargne

Cet attachement à « leurs » banques se traduit par la confiance que leur accordent les Français lorsqu’il s’agit de gérer leurs comptes. Par rapport à 2018, année de la première enquête de l’Ifop, cette confiance est même en forte hausse, comme le montre le graphique ci-dessous :

Fiabilité banques par 20 Minutes

Comment expliquer une telle augmentation ? « Notre action est plus visible qu’en temps normal », commente Philippe Brassac, patron de la FBF. Comprendre : les Français prennent conscience du rôle des banques en temps de crise et sont plus attentifs à la manière dont leur argent est géré.

Une accélération plus qu’une révolution

Ils sont donc plus attentifs, mais aussi plus enclins à utiliser des nouveaux moyens de paiements, et notamment le sans contact. Ce dispositif a connu une progression fulgurante en 2020. Il a été boosté par les recommandations sanitaires – éviter de manipuler des pièces ou des billets pour respecter les gestes barrières – et la facilité d’utilisation : de nombreux commerces s’y sont convertis et les banques ont relevé le plafond de paiement sans contact, passé de 30 à 50 euros. Au total, selon, l’Ifop, 71 % des Français « payent plus en sans contact » qu’avant la crise. « Le Covid n’a fait qu’accentuer des changements qui étaient déjà à l’œuvre avant 2020 » constate Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop.

Nouveaux moyens de paiement par 20 Minutes

Enfin, le coronavirus a accéléré le recours aux outils digitaux. Selon l’étude, 66 % des Français possèdent au moins une application bancaire sur leur smartphone (+10 points par rapport à 2018). Et 34 % des sondés expliquent que la crise les a poussés à consulter « plus fréquemment » leur application, peut-être pour surveiller leur solde.

Cette digitalisation très répandue – 81 % des Français consultent le site internet de leur banque au moins une fois par mois – n’empêche pas la persistance des « mauvaises pratiques » telles que définies dans l’étude. Il s’agit des actions qui peuvent mettre en danger les données personnelles. Comme le montre le graphique ci-dessous, une proportion non négligeable de sondés a déjà envoyé ses coordonnées bancaires par mail à une proche.

Pratiques risquées pour les données personnelles par 20 Minutes

* Enquête menée du 27 octobre au 4 novembre 2020 auprès d’un échantillon de 4.009 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interviewée).