Les marchés européens contaminés par la fièvre spéculative sur l'action GameStop

ACTIONS Aux Etats-Unis, des investisseurs ont acheté en masse l’action des magasins de jeux vidéo GameStop, provoquant des mouvements boursiers spectaculaires à Wall Street

20 Minutes avec AFP
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Un trader à la bourse de Francfort (image d'illustration).
Un trader à la bourse de Francfort (image d'illustration). — TORSTEN SILZ / AFP

Plusieurs entreprises européennes faisant l’objet de paris boursiers à la baisse ont vu leur cours fortement grimper mercredi, une conséquence indirecte de mouvements extrêmement brutaux autour de l’action GameStop aux Etats-Unis.

Le titre des magasins de jeux video GameStop, un réseau de distribution pourtant en difficulté, fait l’objet d’une bataille rangée entre investisseurs professionnels et particuliers qui a saisi Wall Street d’une poussée spéculative. Le gendarme de la Bourse de New York, la SEC, a même pris acte de cette « volatilité » et dit « évaluer » la situation.

Des mouvements « visibles » en France

En France, le mouvement a été principalement visible sur les deux foncières Klepierre et Unibail-Rodamco-Westfield, qui affichaient respectivement des gains de 21,90 % à 21,60 euros et 19,87 % à 71,90 euros à la clôture, sans raison apparente, et dans un marché en baisse de 1,16 %. « Les plus visibles sont celles-ci », confirme à l’AFP Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France, rappelant que ces deux entreprises françaises apparaissent dans le classement des dix entreprises européennes les plus « shortées » au sein de l’indice boursier EuroStoxx 600.

En Europe « c’est beaucoup moins spectaculaire, mais ce sont des mouvements que l’on observe », affirme Alexandre Baradez, dans une sorte d’effet de mimétisme. Un mouvement similaire s’est observé sur le cours de l’entreprise de biotechnologie allemande Evotec, qui a pris 22,5 % sur les trois dernières séances, alors que des rumeurs de marché évoquaient la fin des paris à la baisse sur ce titre de la part de Melvin Capital. Outre-Rhin, le cours de Varta a aussi progressé de 21 % depuis le début de la semaine.

Une stratégie bien rodée

La pratique du « short selling », ou vente à découvert, consiste pour un investisseur à emprunter une action, à la vendre à un prix généralement élevé et à attendre ensuite qu’elle chute, pour la racheter beaucoup moins cher avant de la rendre. Il empoche alors la différence entre le prix auquel il a vendu le titre et le prix auquel il l’achète. Mais si le prix monte fortement, l’investisseur peut se retrouver piégé.

C’est ce qui s’est déroulé sur l’action GameStop ces derniers jours à Wall Street. Des investisseurs professionnels pariant à la baisse sur le titre, principalement des fonds dirigés par des financiers, sont engagés dans un bras de fer avec des investisseurs particuliers misant massivement à la hausse, et se coordonnant via les réseaux sociaux.

Des fonds en difficulté

Résultat, le cours boursier de l’entreprise s’est envolé de 1.700 % depuis le 1er janvier, envoyant au tapis des spéculateurs professionnels comme le financier américain Andrew Left de Citron Research et le fonds d’investissement Melvin Capital, désormais en grande difficulté financière, d’après le Wall Street Journal. L’action qui valait 2,80 dollars fin avril, a conclu à 347,51 dollars mercredi à Wall Street, en hausse de 135 %.

D’autres titres, comme celui de la chaîne de salles de cinéma AMC Entertainment souffrant pourtant de désaffection avec la pandémie, étaient également visés par les vendeurs à découvert et gonflaient sous la spéculation. L’action a terminé en hausse de 300 % mercredi à 19,90 dollars.