Coronavirus : L'épidémie a causé une récession massive en 2020, avec une chute du PIB de 8,3%

CROISSANCE C’est la pire année pour la croissance française depuis la Seconde Guerre mondiale (mais c'est un peu moins mauvais que les prédictions de l'Insee et du gouvernement)

20 Minutes avec AFP

— 

Le quartier des affaires de La Défense, à Paris.
Le quartier des affaires de La Défense, à Paris. — Christophe Ena/AP/SIPA

On s’en doutait, l’Insee le confirme. L’économie française a subi une récession massive en 2020 sous le coup de l’épidémie de Covid-19, avec une chute du produit intérieur brut (PIB) de 8,3 %, selon une première estimation publiée ce vendredi par l' Insee, qui est toutefois moins mauvaise que ce qu’anticipait l’institut, et le gouvernement. Il s’agit d’un record pour la France depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2019, le pays avait connu une croissance de 1,5 % en 2019, l’une des meilleures de la zone euro.

L’Insee prévoyait en 2020 un plongeon du PIB d’environ 9 %, mais l’économie française a mieux résisté au deuxième confinement à l’automne, avec un recul du PIB de 1,3 % sur le seul dernier trimestre, pénalisé surtout par la chute de la consommation des ménages tandis que l’investissement et le commerce extérieur se sont redressés. De son côté, le gouvernement tablait lui sur une chute du PIB de 11 % en 2020, même si le ministre de l’Economie reconnaissait qu’il s’agissait d’une prévision prudente.

Un deuxième confinement moins mauvais pour le PIB

Durant ce deuxième confinement, la perte d’activité a été « bien plus modérée que celle constatée lors du premier confinement de mars-mai 2020 » et sur le dernier trimestre, le PIB « est inférieur de 5 % à son niveau un an auparavant », souligne l’Insee. L’investissement a poursuivi sa reprise, en hausse de 2,4 %.

La consommation a ainsi de nouveau baissé « fortement » de 5,4 % sur la période, en raison des fermetures de commerces, après un rebond de 18,2% au trimestre précédent. En décembre, les dépenses des ménages ont progressé de 23%, après avoir baissé de 18% en novembre après le deuxième confinement, selon un communiqué de l'Institut national de la statistique. Elles dépassent ainsi leur niveau de décembre 2019 (+3,7%).

Commerce extérieur dynamique mais consommation en berne

Par ailleurs, les exportations ont augmenté davantage que les importations pour le deuxième trimestre consécutif (+4,8 % pour les premières contre +1,3 % pour les secondes), ce qui fait que le commerce extérieur contribue positivement à l’évolution du PIB au dernier trimestre.

L’épidémie de Covid-19, en poussant le gouvernement à stopper ou restreindre fortement l’activité économique pour endiguer les contaminations, s’est notamment traduite par une chute de la consommation des ménages de 7,1 % sur l’ensemble de l’année.

L’investissement a lui reculé de 9,8 %, quand les exportations ont plongé de 16,7 % et les importations de 11,6 %, au cours d’une crise qui a fortement perturbé les échanges commerciaux.

Pour 2021, l’Insee prévoit un rebond du PIB de 3 % au premier trimestre, puis une progression d’encore 2 % au deuxième, sous l’hypothèse d’une « stabilisation progressive de la situation sanitaire ».