Saint-Nazaire : Le rachat des Chantiers de l’Atlantique par l'Italien Fincantieri abandonné

NAVALE Compte tenu de la crise économique, le rapprochement des chantiers navals de Saint-Nazaire avec leur concurrent italien ne se fera pas, annonce Bruno Le Maire

Frédéric Brenon

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Le paquebot Symphony of the seas en cours de construction aux chantiers navals de Saint-Nazaire.
Le paquebot Symphony of the seas en cours de construction aux chantiers navals de Saint-Nazaire. — L.Venance/AFP
  • Le rachat des Chantiers de l’Atlantique par le chantier naval Fincantieri était en discussion depuis trois ans.
  • La Commission européenne avait des doutes quant à l’impact sur la concurrence.
  • L'Etat français va rester provisoirement actionnaire principal des Chantiers.

Engagé depuis trois ans, le projet de rachat des Chantiers de l’Atlantique par son concurrent italien Ficantieri avait du plomb dans l'aile ces derniers mois. Il est, cette fois, définitivement abandonné, annonce ce mercredi soir Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des finances, en accord avec le gouvernement italien.

« Le secteur du tourisme fait actuellement face à un niveau d’incertitude économique inédit, du fait de la crise de la Covid-19, qui n’autorise pas la poursuite de l’opération », justifie Bercy.

« L’Etat soutiendra l’entreprise aussi longtemps que la crise durera »

Le projet de cession prévoyait que Fincantieri détienne 50 % du capital des chantiers navals de Saint-Nazaire, plus 1 % supplémentaire prêté par l’Etat français. L’opération était soutenue par la France et l’Italie mais sa conclusion était soumise à l’approbation de la Commission européenne. « La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur le projet le 30 octobre 2019, et exprimé ses doutes quant à l’impact de l’opération en termes de concurrence », rappelle Bercy. Dans le contexte de crise, la Commission européenne n’a pas clôturé la procédure.

« Afin de permettre aux deux entreprises de se concentrer sur leur stratégie de sortie de crise et sur de nouveaux projets, la France et l’Italie ont tiré les conclusions de l’absence de décision de la Commission européenne et du contexte économique et sanitaire. L’Etat français reste l’actionnaire principal des Chantiers de l’Atlantique et soutiendra l’entreprise aussi longtemps que la crise durera. »

« C’est la victoire d’un territoire »

Ce rapprochement avec Fincantieri était loin de faire l’unanimité à Saint-Nazaire. Syndicalistes, ouvriers et élus locaux craignaient des transferts de compétences vers l’Italie ou vers la Chine, avec qui l’entreprise transalpine avait noué des partenariats. A moyen terme, c’est l’affaiblissement d’une entreprise industrielle française disposant actuellement d’un carnet de commandes très rempli qui inquiétait.

« C’est un message positif, d’espoir et d’avenir. C’est une victoire pour les Chantiers de
l’Atlantique. C’est la victoire d’un territoire, de ses élus et de ses acteurs économiques qui se sont mobilisés ensemble pour préserver l’un de nos plus beaux fleurons industriels », a réagi ce mercredi soir Christelle Morançais (LR), présidente de la région Pays-de-la-Loire.

« Il faut désormais investiguer d’autres pistes. Une solution plus pérenne doit être retenue. Le futur repreneur devra soutenir une vision de l’industrie navale innovante au service du tissu industriel local », se projette la députée de Loire-Atlantique Audrey Dufeu (LREM).