Brexit : Le préfet du Nord dénonce des difficultés liées à « l’impréparation britannique »

VOISINAGE Depuis le 1er janvier, il y a de nouveau des contrôles à la frontière franco-britannique

20 Minutes avec AFP

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Sur le port le Calais, le 4 janvier.
Sur le port le Calais, le 4 janvier. — Michel Spingler/AP/SIPA

L'« impréparation manifeste » du Brexit par les Britanniques fait courir des « risques réels » pour la gestion du trafic transmanche les prochaines semaines, avertit le préfet du Nord dans une lettre adressée au Premier ministre Jean Castex vendredi. « La bascule technique du Royaume-Uni en statut de pays tiers est techniquement réussie côté français », dit en revanche le préfet de la zone de défense et de sécurité Nord, Michel Lalande, dans ce courrier daté du 14 janvier, qui tire un état des lieux des conséquences du Brexit deux semaines après son entrée en vigueur.

Cette situation entraîne des « risques réels en cas de reprise de l’activité », note-t-il, alors que le trafic de poids lourds entre le Royaume-Uni et la France commence à remonter en puissance après un début de mois de janvier très calme. « La faiblesse du trafic, l’absence relative de marchandises transportées à l’import mais aussi la souplesse initiale des services de l’Etat dans les contrôles formels masquent les difficultés qui sont pourtant bien réelles », les parkings de stockage au port de Calais et à la sortie du tunnel sous la Manche s’étant déjà retrouvés saturés à plusieurs reprises, s’inquiète Michel Lalande.

Des progrès ces derniers jours

Il souligne que de nombreux poids lourds y demeurent bloqués pendant des « délais démesurés », dépassant parfois soixante heures. Parmi les problèmes soulevés figure le fait que « les certificats sanitaires remplis par les autorités britanniques le sont de manière incomplète et insatisfaisante, conduisant de nombreux poids lourds à débarquer en France alors que l’absence de cette formalité est non régularisable ». Autre problème affaiblissant le système de la « frontière intelligente », qui doit permettre un contrôle des documents pendant la durée de la traversée, les agents des compagnies de transport scannent souvent les mauvais documents.

Rappelant « le dialogue constant qu’entretiennent les services français et britanniques » face à ces difficultés, Michel Lalande indique que la situation s’est améliorée depuis le début de la semaine, notamment en raison d’un durcissement des contrôles côté français.

Dans son courrier, le préfet pointe par ailleurs l’inquiétude qui continue à régner dans le secteur français de la pêche, les modalités d’application de l’accord de coopération tardant à se préciser. Il dit craindre que le port de Boulogne-sur-Mer perde « à terme son statut de premier port de pêche français compte tenu de la réduction prévisible de la débarque » de produits de la mer. Une réunion sur ce même thème a eu lieu vendredi à Boulogne entre représentants de l’Etat et pêcheurs.