Les logos des marques automobiles Fiat et Peugeot.
Les logos des marques automobiles Fiat et Peugeot. — SEBASTIEN SALOM GOMIS

FUSION

Automobile : Le mariage XXL entre Peugeot et Fiat, c’est ce samedi

Stellantis, le nouveau groupe formé, sera le quatrième le plus important du monde

C’est ce qu’on appelle un « gros mariage ». Les groupes PSA et FCA s’unissent officiellement ce samedi pour former le groupe Stellantis. Les véhicules Fiat, Opel, Peugeot, Alfa Romeo, Chrysler, Dodge, Jeep ou Maserati sortiront désormais des usines du quatrième groupe automobile mondial. Au total, les 14 marques du groupe représentent environ 9 % du marché mondial, pour 8 millions de véhicules vendus en 2019. « Nous jouerons un rôle de premier plan au cours de la prochaine décennie en redéfinissant la mobilité comme nos pères fondateurs l’ont fait avec beaucoup d’énergie », avait assuré début janvier le président de FCA John Elkann, évoquant une « fusion historique ».

Lundi prochain, les dirigeants du nouveau groupe doivent lancer l’action Stellantis («parsemé d’étoiles » en latin) sur les marchés des Bourses de Milan et de Paris, puis mardi sur le New York Stock Exchange. Puis mardi, l’ex-président du directoire de PSA et nouveau directeur général de Stellantis Carlos Tavares dévoilera sa vision pour le groupe de 400.000 salariés, avant de présenter son plan stratégique dans les prochains mois.

Une meilleure couverture mondiale

Les défis sont nombreux, entre l’électrification des gammes, les automobilistes qui se tournent vers l’occasion ou la location et la crise sanitaire qui pèse sur la fabrication et les ventes de véhicules. Les ventes mondiales de PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) ont dégringolé de 27,8 % en 2020.

Matthias Heck, de l’agence Moody’s, voit la fusion d’un bon œil parce que les groupes « améliorent leur couverture mondiale, peuvent collaborer au niveau technologique et dans divers segments et vont réaliser des économies grâce aux synergies et l’expérience de PSA, qui a su fixer le juste prix et gérer ses coûts ». PSA et Fiat-Chrysler ont estimé que les synergies permettraient d’économiser à terme jusqu’à 5 milliards d’euros par an, dans les coûts de fabrication comme dans la recherche. Des économies qui inquiètent les syndicats comme les États.

Rome comme Paris ?

Après s’être opposé à un mariage de Fiat avec Renault, le gouvernement français a salué avec le gouvernement italien la naissance de Stellantis. On veillera cependant des deux côtés des Alpes à ce que le nouveau colosse « contribue également à l’emploi industriel en Italie et en France », ont assuré début janvier le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, et son homologue italien, Stefano Patuanelli. Pour garder le contrôle, l’Italie envisage même d’entrer au capital de Stellantis : « une éventuelle présence de l’État dans le capital social du nouveau groupe, similaire à celle du gouvernement français, ne peut et ne doit pas être un tabou », a indiqué le vice-ministre italien de l’Economie, Antonio Misiani, au journal La Repubblica. L’État français est présent au capital de Stellantis à hauteur de 6,2 %.

Pour mener à bien cette fusion dans le respect des règles de la concurrence, les deux groupes ont réduit leur domination dans le secteur des petits utilitaires. Ils ont également amendé leur contrat pour que leur union reste un mariage entre égaux. FCA a abaissé le montant d’un dividende exceptionnel versé à ses actionnaires, de 5 à 2,9 milliards d’euros. PSA s’est retiré de l’équipementier Faurecia.

Inter

Du côté des syndicats, la majorité a accompagné une fusion qu’ils jugeaient inévitable. Mais ils restent sur leurs gardes. « Rendez-vous dans un an », a résumé le délégué FO à PSA, Olivier Lefebvre. « Notre confiance dans l’avenir s’accompagnera évidemment tout au long de l’année d’une vigilance sur l’adéquation des politiques sociales et industrielles ».

Les synergies prévues inquiètent également les équipementiers qui fournissent les deux groupes. « Des remises en question sont à attendre mais aussi des opportunités », a déclaré à l’AFP Claude Cham, président de la fédération des équipementiers (FIEV). « Dans les deux cas, les équipementiers internationaux seront les mieux placés pour répondre aux demandes. Les plus petits et les moins internationaux et diversifiés sont les plus à risques ».