Pas-de-Calais : La faillite d’une usine de transformation d’ammoniac pose des problèmes de sécurité

SEVESO L’usine de transformation d’ammoniac Maxam-Tan a été placée en liquidation judiciaire avec prolongation d’activité pour sécuriser le site

G.D. avec AFP

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L'usine Maxam-Tam à Mazingarbe, dans le Pas-de-Calais.
L'usine Maxam-Tam à Mazingarbe, dans le Pas-de-Calais. — Google Maps

L’usine emploie 73 personnes à Mazingarbe, dans le Pas-de-Calais. Le site de transformation d’ammoniac Maxam-Tan a été placé, mercredi, en liquidation judiciaire avec prolongation d’activité pour trois mois, a-t-on appris auprès des représentants du personnel et du tribunal de commerce de Lille.

Filiale du groupe espagnol Maxam, contrôlé par le fonds d’investissement américain Rhône Capital, l’entreprise classée Seveso « seuil haut » et dont les produits entrent dans la composition d’explosifs civils et d’engrais, était en redressement judiciaire depuis le 26 octobre.

Vider une cuve de 1.000 tonnes d’ammoniac

La période de trois mois doit permettre de vider une cuve où sont stockées environ 1.000 tonnes d’ammoniac, matière toxique, qui « engage la sécurité de plusieurs dizaines de milliers de personnes des communes environnantes », selon le préfet du Pas-de-Calais Louis Le Franc, à l’AFP.

Le vidage interviendrait après demande du juge-commissaire et du liquidateur aux salariés, qui auront alors une semaine pour dire s’ils l’acceptent ou non. « J’ai l’espoir » qu’ils l’acceptent, a poursuivi Louis Le Franc, saluant leur « esprit de responsabilité ». En cas de refus, le préfet ferait appel à « des tiers », une perspective que les salariés jugent « impensable » sur le plan de la sécurité.

Dans ce dossier, les salariés, qui réclament des indemnités, n’ont eu de cesse de dénoncer une « faillite organisée » de MaxamCorp. « L’entreprise nous prend pour des imbéciles, alors qu’on assure depuis des mois la sécurité du site », selon Stéphane Hugueny, l’un des porte-parole du comité d’entreprise (CSE).

Une responsabilité recherchée

La ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, dans un courrier à la direction le 7 décembre, avait vivement mis en cause la société. « Il ne fait pas de doute que la responsabilité du groupe Maxam et de ses dirigeants sera recherchée, dans les mois qui viennent, au titre de différentes fautes et manquements », écrit-elle.

La ministre s’interrogeait notamment « sur les conditions dans lesquelles Maxam a cessé brutalement de passer commande » à sa filiale Maxam Tan. Le préfet, lui, a effectué un signalement au parquet de Béthune sur deux points, concernant « la responsabilité du groupe en matière de risque industriel » et « sur des questions économiques et financières ».

Des accusations rejetées par Me Laurent Cotret, avocat de la direction de MaxamCorp : « Rien ne permet d’étayer d’éventuelles responsabilités pénales ou civiles. La décision de fermer le site est claire, elle est liée à un problème de compétitivité. D’ailleurs, lorsqu’on a essayé de le céder, aucun repreneur n’a manifesté d’intérêt à des conditions raisonnables ».