Coronavirus : AccorInvest envisage 1.900 suppressions d’emplois en Europe, dont près de 770 en France

HOTELLERIE Cela représente près de 9 % des emplois du groupe sur le continent

20 Minutes avec AFP

— 

Le logo du groupe Accor
Le logo du groupe Accor — Francois Mori/AP/SIPA

En raison de la crise sanitaire, qui a fait chuter son chiffre d’affaires de 70 %, le groupe AccorInvest a annoncé ce mercredi qu’il allait supprimer 1.900 emplois en Europe, dont environ 770 en France.

« Dans le but de contenir les effets de cette crise sur le long terme, AccorInvest envisage un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui concernerait près de 1.900 postes au sein de l’entreprise, au niveau européen », a écrit dans un communiqué le groupe, ex-filiale d’Accor qui exploite principalement des marques du géant français de l’hôtellerie (Ibis, Novotel, Mercure…). Cela représente près de 9 % des emplois du groupe sur le continent.

« Une saignée sociale »

En France, 767 postes sont concernés par cette restructuration, dont « 709 dans les hôtels et 58 dans les sièges », selon FO, qui dénonce « une saignée sociale ». Un porte-parole d’AccorInvest confirme qu'« environ 770 postes » seront concernés dans le pays. Dans le détail, en France, les personnels d’étage (309 postes concernés) et de la restauration (218 postes) sont les plus touchés par ce plan, selon Ange Romiti, responsable de l’hôtellerie au sein de la fédération CGT Commerce et Services.

« L’enjeu à court terme mettra en difficulté l’entreprise demain », estime le représentant CGT, qui craint que les salariés qui resteront se retrouvent en sous-effectif lorsque les touristes reviendront. « C’est un choix irrationnel et illégitime dans un secteur qui a une forte capacité de rebond », abonde Nabil Azzouz, secrétaire fédéral FO.

Reclassement et formation

« Depuis le début de cette crise, AccorInvest a toujours eu pour principale préoccupation d’assurer la pérennité de l’entreprise et le maintien des compétences », se défend le groupe, qui assure avoir demandé un prêt garanti par l’Etat (PGE) et réfléchir à un renforcement de son capital, deux opérations d’un montant chacune de 470 millions d’euros.

« Des mesures d’accompagnement importantes seront mises en place afin de favoriser la préservation de l’emploi, notamment grâce au reclassement et à la formation », précise AccorInvest. « L’entreprise se fixe jusqu’à la fin de l’année » pour définir les modalités de ce plan de départs, selon un porte-parole du groupe, assurant que « l’objectif est d’avoir un dialogue serein face à une crise historique ».