Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : Le marché immobilier de la revente a échappé à la crise (et ce n'était pas gagné)

LOGEMENT Malgré la crise sanitaire, le secteur a démontré « sa capacité de résistance par rapport à d’autres activités économiques » selon la FNAIM, mais l’incertitude demeure pour 2021

Elise Martin

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Une agence immobilière à Nice. (illustrations)
Une agence immobilière à Nice. (illustrations) — E.Martin / ANP / 20 Minutes
  • L’année 2019 avait été une année record avec 27.000 ventes dans le département. En 2020, au niveau local, le secteur n’a connu qu’une baisse de 7 %.
  • Plusieurs scénarios sont possibles pour 2021. Les coprésidents de la FNAIM Côte d’Azur présagent un ralentissement de l’activité.

Plus de peur que de mal, au final, au moins pour le secteur de la pierre sur la Côte d'Azur. « Ça a été une belle année au niveau de la transaction », se sont réjouis ce mardi Cyril Messika et William Siksik, les coprésidents de la FNAIM Côte d’Azur, la fédération des agents immobiliers. Avec « seulement » 7 % de baisse par rapport à l’année 2019, qui était une année record avec 27.000 ventes, la crise du Covid-19 a presque épargné le marché de la revente.

Les conséquences des confinements se sont surtout illustrées dans les recherches des clients. « Nous avons eu un boom dans les recherches de maisons, ceux qui étaient dans des deux pièces souhaitaient passer à un trois-pièces mais aussi énormément de demandes pour des rez-de-jardin », constatent les coprésidents de la FNAIM.

Une tendance que confirme Alban Leloup, gérant de Masséna Immobilier, avenue Félix-Faure à Nice. « Au niveau des locations, les personnes sont maintenant intéressées par des extérieurs. On a aussi remarqué un changement pour les investisseurs. Ils ont abandonné les volontés de Airbnb pour de la longue durée. Et on a eu moins d’acheteurs étrangers, plus de Français, souvent des couples de jeunes retraités. Ils ne pouvaient pas partir en vacances alors ils ont choisi de s’installer au soleil ».

Le flou pour 2021

Le dirigeant, dans l’immobilier depuis trente ans, est plutôt confiant pour 2021 : « On a fini avec une augmentation de 20 % sur les ventes. On s’est adapté, on fait moins de visites mais elles étaient plus concrètes. Normalement, les quinze premiers jours du mois de janvier sont calmes et pourtant, on va signer notre troisième vente. Je peux encore choisir les biens dont je vais m’occuper. »

Du côté du syndicat, les craintes concernent « l’effet domino 2021 ». Cyril Messika et William Siksik développent : « La problématique pour cette année concerne les locaux commerciaux : est-ce qu’il va y avoir plus de dépôts de bilan au printemps ? On s’interroge aussi sur les capacités de financement des primo-accédants, des commerçants, des salariés en chômage partiel pour l’accès au crédit immobilier. »

Pour eux, le scénario le plus plausible pour 2021 dans les Alpes-Maritimes serait « une offre qui diminue et un stock qui baisse dans le même temps. Les prix restent stables, mais l’activité risque de ralentir ».

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