La grève pas si bien suivie que ça dans le privé

SOCIAL Nombre de salariés avaient posé une journée de repos et ont allés manifester...

Avec agence

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Des manifestations imposantes contre la politique gouvernementale face à la crise se sont déroulées jeudi matin dans plusieurs villes dans le cadre de la journée d'action à l'appel de tous les syndicats tandis que les grèves affectaient prioritairement l'Education nationale.
Des manifestations imposantes contre la politique gouvernementale face à la crise se sont déroulées jeudi matin dans plusieurs villes dans le cadre de la journée d'action à l'appel de tous les syndicats tandis que les grèves affectaient prioritairement l'Education nationale. — Philippe Huguen AFP

C'était l'un des enjeux de l'appel à la grève des syndicats jeudi: la mobilisation des salariés du privé. Regardées à la loupe, les entreprises n'ont pas connu de taux de grévistes exceptionnels. Mais ces chiffres sont à analyser à la lumière du chômage partiel dans l'automobile et de la mobilisation traditionnellement faible dans la grande distribution.

Dans les banques, l'appel des 5 fédérations syndicales a été inégalement suivi. Chez LCL, la direction a dénombré 16% de grévistes - du jamais vu depuis 2002 -, à la Société Générale, 5,5% et dans le réseau des Caisses d'Epargne, 8,95%. Chez Dexia, où devrait être annoncé une restructuration vendredi, 23% des salariés ont débrayé, a indiqué la direction.

10% de grévistes chez Renault

Chez les constructeurs automobiles, le comptage était difficile. PSA, dont la production est arrêtée à Poissy (Yvelines), Rennes et partiellement à Sochaux (Doubs), n'a pas fourni de chiffres.

Renault a recensé 10% de grévistes parmi le personnel présent sur les sites industriels, et jusqu'à 16% à Sandouville, près du Havre. Mais pour la CGT, «les agents de maîtrise et les cadres sont présents, alors que les ouvriers, sans activité, sont allés manifester». L'équipementier Alcatel-Lucent, sous le coup de suppressions de postes de cadres, a comptabilisé 5% de grévistes.

«Faible mobilisation» dans la pharmarcie

Dans des sociétés prospères comme Total, la direction a évoqué un taux «très faible», «plus important quand l'implantation syndicale est forte ou quand il y a des interrogations sur les conséquences de la crise», d'après un porte-parole. Selon la CGT, à la raffinerie de Gonfreville (Seine-Maritime), une centaine de salariés ont cessé le travail sur un millier.

Dans la pharmacie, Sanofi-Aventis a constaté une «faible mobilisation». La CGT a au contraire salué les «nombreux salariés qui ont eu le courage de s'élever contre les ventes de sites qui se multiplient».

Une RTT pour aller manifester

Dans la grande distribution et les commerces, où les grèves sont rares du fait de la précarité et des faibles salaires, quelques employés étaient au rendez-vous. D'après Carrefour, au total une trentaine d'employés dans trois hypermarchés étaient en grève. La direction de la Fnac a dénombré 3% de grévistes, Virgin 29 sur 1.300 collaborateurs.

Nombre de salariés qui n'étaient pas dans leurs sociétés ou avaient posé une journée de repos sont allés manifester. C'était ainsi le cas à Annecy, de ceux de Tefal ou Dynastar, à Bordeaux, de Ford Blanquefort, Free ou Auchan, à Pau du site Celanese, que son propriétaire américain ferme.