Tout comprendre au « Request to pay », un outil de paiement en développement

ARGENT Le Request to Pay (RTP) est une nouvelle option de paiement numérique en temps réel

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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IStock / City Presse

À l’ère du digital, les options de paiement innovent constamment pour effectuer des transactions financières avec plus de facilité. Un nouvel outil du genre émerge, il s’agit du Request to Pay, ou RTP. Un protocole d’échange de données permettant d’initier une demande de règlement, tout en y intégrant diverses informations. Décryptage.

Le virement 2.0

D’un point de vue purement technique, le RTP permet d’améliorer les modalités du virement bancaire traditionnel, comme l’explique Pierre Lahbabi, directeur général de Galitt. Cette entreprise spécialisée accompagne les établissements financiers, commerçants et industriels dans la transformation de leurs services de paiements et a participé, à ce titre, à l’élaboration d’un Livre blanc présentant les bénéfices et usages de cette solution.

« Aujourd’hui, pour réaliser un virement, c’est à vous d’entrer les coordonnées du destinataire, autrement dit son IBAN, dans le formulaire de votre banque pour lancer l’opération. Le Request to Pay inverse la logique puisque c’est au particulier, au professionnel ou à l’institution qui veut être payé d’envoyer sa demande de règlement par le biais d’un dispositif dédié, tandis que le payeur n’a plus qu’à la valider pour l’autoriser. »

Clients et pros y gagnent

Prenons l’exemple des factures d’électricité, de la cantine des enfants ou encore des charges de copropriété. Pour plus de simplicité, bon nombre de ménages passent par un prélèvement automatique… au risque de se retrouver parfois dans le rouge. « À l’inverse, avec le RTP, vous auriez davantage de visibilité et de contrôle puisque vous recevriez une demande de paiement à chaque opération et pourriez choisir d’effectuer le règlement à une date ultérieure spécifique ou pourquoi pas de l’échelonner », détaille Pierre Lahbabi. La facture ou le reçu pourrait être joint à la requête, afin d’y jeter un œil avant d’autoriser le versement, puis de l’archiver.

Ce peut aussi être une solution pour s’acquitter de son loyer mensuel. Plus simple qu’un virement manuel, elle vous rappellerait à votre devoir chaque mois. Et plus souple qu’un virement automatique, elle vous éviterait un découvert lorsque votre salaire est exceptionnellement tombé un jour trop tard. Les artisans qui interviennent à domicile pourraient eux aussi trouver leur compte avec cet outil remplaçant l’utilisation de chèques, d’espèces et des terminaux de paiement mobile. Grâce à une application smartphone dédiée, ils pourraient envoyer leur facture à leur client et obtenir la validation de façon sécurisée.

Un service à l’horizon 2022

Si pour l’heure, le Request to Pay n’est pas encore opérationnel, son développement est en bonne voie. En décembre 2020, le European Payment Concil, l’organisme réunissant les acteurs de paiement au niveau de l’ Union Européenne, a publié les premières spécifications techniques visant à encadrer et standardiser ce protocole.

Des travaux complémentaires plus détaillés sont attendus courant 2021. Il s’agira ensuite de voir quand et comment les banques se saisiront de cette option de paiement, afin de l’intégrer à leur offre commerciale. « Il reste encore du chemin à parcourir, confirme le directeur général de Galitt, mais on peut imaginer la mise en place des premiers services dédiés en 2022. »