Coronavirus : 30.000 emplois détruits en France dans l’aéronautique (mais autant de sauvés)

TURBULENCES La crise sanitaire a entraîné la suppression de milliers d’emplois dans l’aéronautique mais les patrons du secteur estiment aussi que des mesures comme le chômage partiel de longue durée ont permis de freiner les dégâts

20 Minutes avec AFP

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Un avion en démonstration au salon aéronautique du Bourget... qui n'a pas eu lieu en 2020. Illustration.
Un avion en démonstration au salon aéronautique du Bourget... qui n'a pas eu lieu en 2020. Illustration. — Ibo - Sipa
  • Selon les professionnels du secteur, le coronavirus a coûté 30.000 emplois à l’industrie aéronautique.
  • Mais ils estiment aussi que sans des mesures comme les PGE ou le chômage partiel de longue durée, les dégâts auraient pu être deux fois plus importants.

Quelque 5.000 emplois supprimés chez le géant Airbus, 475 chez l’équipementier Latécoère ou encore 679 chez Daher… pour ne citer qu’eux. En entraînant une paralysie durable du trafic aérien, la crise sanitaire liée à l'épidémie de nouveau coronavirus a frappé de plein fouet la filière de la construction aéronautique.

Et l’heure est venue de faire un premier inventaire des dégâts pour les professionnels du secteur : « On avait à peu près 60.000 emplois menacés sur 2020-2021 et nous pensons que nous avons déjà pu en sauver la moitié, c’est-à-dire 30.000 personnes », a indiqué ce jeudi Eric Trappier, le président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), qui pèse 202.000 salariés.

La reprise urge

Celui qui est aussi PDG de Dassault Aviation estime que les mesures d’urgences décidées par l’Etat ont pu limiter les plans sociaux massifs. « Cela dépendra évidemment de la durée de la crise et du moment où la reprise va se faire. Mais grâce au chômage partiel de longue durée, on doit pouvoir préserver ces chiffres dont je parle pourvu que cette reprise arrive quelque part en 2021 », a poursuivi le représentant du secteur.

Pour Christophe Cador, président du comité Aero-PME du Gifas, il y a eu pour l’heure « très peu de défaillances d’entreprise ou de procédures collectives », chez les sous-traitants. Même si, nuance-t-il, « cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de procédures à venir ». Pour lui aussi, « les mesures d’Etat ont été fondamentales », qu’il s’agisse des prêts garantis par l’Etat (PGE) spécial aéronautique, permettant de financer les stocks, des fonds de soutiens mis en place.

Dans son plan de sauvetage l’Etat aussi décidé de consacrer 1,5 milliard sur trois ans au développent de l’avion décarboné.