Gironde : Des bottes et un ordi, une start-up propose aux agriculteurs un outil technologique pour leur simplifier la vie

AGRICULTURE CONNECTEE La société Ekylibre, basée en Gironde, propose un logiciel de gestion aux exploitants agricoles afin de les aider dans leurs activités quotidiennes

Elsa Provenzano

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En Corrèze, Vivien Letourneur élève des vaches de race limousine.
En Corrèze, Vivien Letourneur élève des vaches de race limousine. — Henry AUSLOOS/SIPA
  • Une start-up girondine propose aux agriculteurs de tous les secteurs un logiciel généraliste pour gagner du temps dans la gestion de leur exploitation.
  • Son logiciel Ekylibre a été choisi par 5.000 professionnels dont un éleveur de vaches dans le Limousin qui témoigne de l’intérêt de cet outil.
  • Un accord a été signé avec les chambres d’agricultures et devrait améliorer encore le dispositif, tout en le proposant à davantage d’agriculteurs.

« Agriculteur c’est un métier hyperdiversifié, il faut s’y connaître en agronomie, en engrais, mais aussi en généalogie des animaux, en maladies, etc. commente Vivien Letourneur, 32 ans, qui gère depuis un an une ferme expérimentale de vaches de race limousine, en Corrèze. Et si on ne veut pas prendre des décisions au pifomètre, il nous faut des données, et c’est ça qui est intéressant avec Ekylibre ».

Ekylibre, c’est une société installée à Bègles près de Bordeaux qui propose depuis 2015 un outil de gestion (stocks, achats, comptabilité etc.) aux agriculteurs, avec la promesse de leur simplifier la vie. « Notre logiciel va limiter la re-saisie des informations : saisie une fois, la donnée va être répercutée dans toutes les briques du logiciel où elle a un intérêt, pointe Karine Cailleaux, directrice des opérations chez Ekylibre. Cela permet d’éviter d’avoir plusieurs logiciels pour ces différentes tâches. »

5.000 utilisateurs

L’outil de gestion généraliste s’applique à tous les types d’agriculture et aux exploitations de toutes les tailles. Pour la viticulture, soumise à une réglementation spéciale, la société a créé une déclinaison de son outil, baptisée Ekyviti. Aujourd’hui la société compte 24 salariés et a convaincu 5.000 agriculteurs d’utiliser son logiciel, principalement en France, mais aussi au Portugal et en Espagne, contre un abonnement de 29,90 euros par mois, sans engagement.

« Ce qui est pratique avec Ekylibre, c’est que je peux enregistrer toutes les interventions sur les machines, cela permet de disposer d’un historique d’entretiens facile à consulter pour notre conseil d’administration, en cas d’une demande de renouvellement de matériel, par exemple », pointe Vivien Letourneur. Dans sa ferme expérimentale, il va être aussi capable d’avoir des données sanitaires sur les différentes descendances, en repérant des affections récurrentes pour telle ou telle lignée de génisses. Des données qu’il pourra à long terme valoriser sur le plan de la recherche.

« On n’a plus le carnet qui tombe du tracteur »

Le logiciel doit être utile à tout exploitant, ne serait-ce que parce qu’il permet d’enregistrer ses pratiques pour se mettre en conformité avec la réglementation et pour ceux qui y sont éligibles, prétendre aux aides de la PAC par exemple. Ekylibre assure une formation adaptée à l’activité et un suivi au quotidien par tchat ou téléphone auprès de ses utilisateurs. « L’équipe est sympa et travaille dans un esprit collaboratif, apprécie Vivien Letourneur. Quand on fait remonter quelque chose, elle en tient compte ».

Le trentenaire y voit un intérêt pratique : « Avec cette application, on n’a plus le carnet qui tombe du tracteur et cela nous permet de rassembler les données et de les valoriser ». Et dans un secteur où les marges sont fines c’est aussi selon lui un gage de bonne gestion permettant de dégager une rentabilité. « Quand on a une vision très précise de ce qui se passe dans son entreprise, on peut prendre les bonnes décisions », abonde Karine Cailleaux.

Dans le cadre d’un accord, Ekylibre est à l’aube d’un développement important. Elle va interconnecter son outil avec celui des chambres d’agriculture appelé « mes parcelles » et utilisé par 40.000 clients. « Ce serait le premier outil aussi complet pour la gestion. On peut imaginer une commercialisation exponentielle, se réjouit Karine Cailleaux. Il y a de plus en plus de gestion à faire en relation avec la réglementation qui évolue très vite. »