Michelin : Le groupe annonce jusqu’à 2.300 suppressions de postes en France

EMPLOI Tous les sites du groupe Michelin devraient être touchés

20 Minutes avec AFP

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Le logo de Michelin sur une veste d'un ouvrier de l'entreprise. (archives)
Le logo de Michelin sur une veste d'un ouvrier de l'entreprise. (archives) — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

Le groupe Michelin va supprimer sur trois ans jusqu’à 2.300 postes en France, sans départs contraints, dans le cadre d’un « plan de compétitivité » présenté mercredi et qui pourrait provoquer l’émoi dans un pays déjà déprimé par le Covid. Quelques mois après l’annonce de la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune, et malgré de bons résultats, le pneumaticien français a annoncé une nouvelle coupe dans ses effectifs qui touchera tous ses sites en France.

Le président de Michelin Florent Menegaux a précisé qu’il n’y aurait « pas de fermeture d’usine, aucun départ contraint. Nous anticipons environ 60 % de mesures de pré-retraites et 40 % de départs volontaires, dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives (RCC) ». De Clermont-Ferrand à Epinal en passant par Vannes et Troyes, cette nouvelle réorganisation concerne « tous les sites français du groupe », a précisé Florent Menegaux.

Objectif compétitivité

« Michelin s’engage à recréer autant d’emplois qu’il y en aura de supprimés », a-t-il ajouté toutefois, vantant le modèle social protecteur de l’entreprise. En parallèle de ces suppressions de postes, Michelin compte accroître son activité dans divers domaines industriels d’avenir. A travers ce plan, le Bibendum vise « une amélioration de sa compétitivité pouvant aller jusqu’à 5 % par an » pour les activités tertiaires et pour l’industrie, ce qui pourrait signifier « d’ici trois ans une réduction de postes pouvant aller jusqu’à 2.300 », sur les 21.000 que compte Michelin en France – soit 10 % des effectifs.

Le groupe avait déjà effectué en 1999 une coupe historique de 7.500 postes. Plus récemment, le groupe soumis à la concurrence des pneus à prix cassés a supprimé près de 1.500 postes, notamment à son siège historique de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et aux Etats-Unis. Il a également fermé les sites de La Roche-sur-Yon (Vendée) et Bamberg en Allemagne. La crise liée au coronavirus a retardé l’annonce de cette nouvelle restructuration en préparation depuis dix-huit mois, mais ne l’a pas causée, souligne le président de Michelin.

Des négociations doivent commencer

Le nombre de départs site par site sera précisé dans les prochains mois : la direction du groupe souhaite ouvrir « rapidement » des négociations avec les organisations syndicales autour d’un « accord-cadre d’une durée de trois ans ». Le groupe va pourtant bien et prévoit des résultats positifs pour 2020 malgré la crise sanitaire. Les dividendes distribués aux actionnaires ont augmenté à mesure que le groupe améliorait ses résultats : le dividende par action a été multiplié par trois depuis 2009.

Le groupe est « confronté depuis une dizaine d’années à de profondes transformations structurelles du marché mondial du pneumatique, marqué notamment par l’arrivée massive de produits à bas coûts », souligne Michelin dans un communiqué. Il doit donc « accompagner les évolutions stratégiques de ses activités pour préparer l’avenir. C’est le cas notamment en France où la vitalité de ses positions passe par un renforcement significatif de sa compétitivité », souligne-t-il.