Saint-Nazaire : La vente des Chantiers de l’Atlantique à Fincantieri annulée ?

TRANSACTION Le groupe italien n'a pas remis les documents attendus par la Commission européenne : le projet de vente devrait capoter, et l'Etat français demeurer actionnaire principal

D.Bd avec AFP

— 

Les chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, en juin 2019.
Les chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, en juin 2019. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

Les chantiers de l’Atlantique vont-ils finalement rester sous pavillon français ? Le projet de vente du constructeur naval français au groupe italien Fincantieri, enlisé depuis de nombreux mois, est, sauf surprise, parti pour capoter, au grand soulagement des salariés et de certains élus.

L’accord de cession prévoit que l’opération soit finalisée d’ici au jeudi 31 décembre 2020. Le groupe public italien n’a toujours pas soumis à la Commission européenne les informations qu’elle lui réclame dans le cadre de son enquête approfondie sur l’impact de la vente pour la concurrence dans le secteur de la construction navale. Sans réponse d’ici jeudi ou octroi d’un nouveau délai, l’accord de cession, déjà repoussé à quatre reprises, tombera.

L’Etat français principal actionnaire

Depuis la faillite de la maison mère sud-coréenne des Chantiers, l’entreprise de Saint-Nazaire, spécialisée dans les paquebots et navires militaires de grande taille, est détenue par l’État français (84,3 % du capital), Naval Group (11,7 %), les salariés (2,4 %) et des sociétés locales (1,6 %).

Depuis 2017, un projet de cession prévoit que Fincantieri détienne 50 % du capital, plus 1 % supplémentaire prêté par l’État français, qui se réserve le droit de le reprendre si le groupe italien ne respectait pas ses engagements.

Le dossier est stratégique, le secteur de la construction des grands navires de croisière étant encore une chasse gardée européenne face à la concurrence asiatique. Les Chantiers de l’Atlantique emploient 3.100 personnes et 5.000 sous-traitants français et étrangers.