Coronavirus : La reprise de l’économie française restera sous la menace du virus début 2021

EPIDEMIE Pour l’Insee, 2021 sera « le temps des remèdes » pour l’économie si la situation sanitaire ne se dégrade pas à nouveau

20 Minutes avec AFP

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Insee, illustration
Insee, illustration — THOMAS SAMSON / AFP

Si la crise du coronavirus se poursuit, l’économie française devrait bien se ressaisir durant la première moitié de 2021, mais le rythme de la reprise restera suspendu à l’évolution de la situation sanitaire, a prévenu l’Insee, dans une note de conjoncture publiée ce mardi.

L’Institut national de la statistique voit en 2021 « le temps des remèdes » pour l’économie, avec la perspective d’un déploiement progressif du vaccin et les effets du plan de relance.

Des contrastes sectoriels très marqués

Il prévoit ainsi un rebond du produit intérieur brut (PIB) de 3 % au premier trimestre, puis une progression d’encore 2 % au deuxième, sous l’hypothèse d’une « stabilisation progressive de la situation sanitaire ». Ainsi, à la mi-2021, l’économie aurait rattrapé une bonne partie de la chute record estimée à 9 % cette année, mais l’activité resterait encore à environ 3 % en deçà de son niveau d’avant la crise. L’Insee ne publie pas encore de prévision annuelle, contrairement à la Banque de France qui anticipe une croissance de 5 % l’an prochain, quand le gouvernement table sur 6 %.

Cette reprise globale masque, « comme depuis le début de la crise, des contrastes sectoriels qui sont très marqués », a souligné Julien Pouget, responsable du département conjoncture de l’Insee, lors d’une conférence de presse. Les secteurs qui sont déjà les plus touchés resteront « les plus susceptibles d’être affectés si la situation sanitaire se dégradait de nouveau » et qu’il fallait prolonger les restrictions existantes ou en appliquer de nouvelles courant 2021, ajoute-t-il.

Une envolée de la consommation pour le Black Friday

Il s’agit de l’hôtellerie-restauration, des services aux ménages qui incluent notamment les activités culturelles et de loisirs, des services de transports et de la fabrication de matériel de transports, en particulier pour l’aéronautique. Cela représente 10 % du PIB français, rappelle l’Insee. Pour ces secteurs, la fin 2020, marquée par la deuxième vague de l’épidémie et un nouveau confinement, a été de nouveau très pénalisante. Au total, le PIB devrait rechuter de 4 % au dernier trimestre, après son rebond vigoureux de 18,7 % au troisième trimestre – qui suivait lui-même un plongeon historique de 13,8 % au deuxième.

La consommation des ménages devrait, elle, s’inscrire en repli de 7 % sur l’année 2019. Là encore, la forte reprise du troisième trimestre a été suivie d’une nouvelle contraction au quatrième (-6 %), malgré la réouverture des commerces depuis le 28 novembre. Les données des transactions par cartes bancaires montrent d’ailleurs une envolée le 4 décembre, jour de l’opération promotionnelle du Black Friday, les ventes physiques ayant retrouvé leur niveau d’avant crise.

L’évolution du chômage en « trompe l’œil »

Sur l’ensemble de l’année toutefois, les ménages se sont montrés prudents, avec un taux d’épargne qui devrait atteindre un niveau record de 21 %, contre environ 15 % ces dernières années. Cette année en dents de scie devrait se traduire par la destruction nette de 691.000 emplois (dont 600.000 emplois salariés), anticipe l’Insee, dont 301.000 sur le seul dernier trimestre. Une prévision annuelle considérable, mais revue à la baisse depuis la précédente publiée en octobre, du fait d’un troisième trimestre plus dynamique que prévu.

Cela représente une baisse de 2 % de l’emploi salarié en 2020, bien inférieure à la contraction du PIB, note l’Insee, grâce aux mesures protectrices prises par le gouvernement, comme le chômage partiel qui a permis jusqu’à ce jour aux entreprises de limiter les suppressions d’emplois. Fin 2020, le taux de chômage s’établirait ainsi à 8 %, contre 9 % à la fin du troisième trimestre. Une évolution en trompe l’œil : une partie des personnes sans emploi sortent du champ statistique du chômage car elles ne peuvent plus chercher de travail. En parallèle, « le halo » autour du chômage devrait fortement augmenter. Ce terme désigne les personnes sans emploi et souhaitant travailler, mais qui ne recherchent pas activement du fait de la crise ou parce qu’elles ne peuvent pas travailler pour des raisons de santé.