Brexit : Les Britanniques seront « les grands perdants », pour Bruno Le Maire

MÊME PAS MAL Le « no deal » est le scénario le « plus probable » désormais en ce qui concerne le Brexit, de l’aveu même de Boris Johnson

20 Minutes avec AFP

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Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, le 11 décembre 2020 à Paris.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, le 11 décembre 2020 à Paris. — Stephane Lemouton-POOL/SIPA

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a estimé lundi que les Britanniques seraient «les grands perdants» du Brexit, qui n'amputera la richesse nationale de la France que de 0,1 point de pourcentage en 2021.

«Les grands perdants du Brexit, ce seront les Britanniques. La nation qui ressortira affaiblie du Brexit, c'est la Grande-Bretagne», a affirmé Bruno Le Maire sur la radio France Info.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a prévenu dimanche qu'un échec des négociations commerciales sur les conditions de sortie de l'UE du Royaume-Uni était le scénario le «plus probable».

« Pas grand-chose au regard du volume commercial global de la France »

«En cas de +no deal+ les perdants ce seront les Britanniques, nous on y perd pas beaucoup», selon le ministre français. Pour «la France le commerce vers la Grande-Bretagne c'est environ 33 milliards d'euros, c'est pas grand-chose au regard du volume commercial global de la France», a-t-il détaillé.

«Notre évaluation, c'est que l'impact du Brexit sur l'économie française sera 0,1 point (de pourcentage) de notre richesse nationale en 2021», a-t-il ajouté. Les services du ministère de l'Economie ont précisé que ce calcul était valable en cas d'accord ou en l'absence d'accord commercial, la différence d'impact sur le produit intérieur brut (PIB) français étant «minime».

«En France on va avoir quelques secteurs très durement touchés et ils vont avoir besoin de tout notre soutien», comme la pêche dont l'activité est «fondamentale», notamment pour «quelques communes» du littoral comme Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), ou Le Guilvinec (Finistère), a-t-il précisé.

« Le Brexit […] est une folie »

Il a ajouté que «nous aurons aussi 150.000 entreprises qui exportent vers la Grande-Bretagne et qui vont être touchées, que nous accompagnons depuis des mois, que nous aidons à remplir des procédures douanières».

«Le Brexit, pour reprendre une expression toute simple de John Le Carré à qui j'en profite pour rendre hommage, est une folie», a encore dit Bruno Le Maire à propos de l'auteur britannique de romans d'espionnage décédé samedi à l'âge de 89 ans.

«Je regrette que mes amis britanniques aient à en payer le prix, parce qu'ils payent le prix du populisme, ils payent le prix des mensonges», a-t-il encore jugé.