Coronavirus : Face à l’épidémie, l’aide économique d’urgence appelée à durer en 2021

COUP DE POUCE Pour limiter une vague de faillites l’an prochain, et les centaines de milliers de destructions d’emploi, le gouvernement fait le choix de maintenir l’économie sous perfusion

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 8 octobre 2020 à Paris.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 8 octobre 2020 à Paris. — AFP

En raison de l’épidémie de coronavirus qui se prolonge, les aides d’urgences aux entreprises et aux ménages en 2021 vont être prolongées en 2021, mais elles seront plus ciblées, a annoncé le gouvernement, ce vendredi.

Près de 20 milliards d’euros supplémentaires vont être mobilisés dans le projet de budget pour 2021, en discussion au Parlement. « Il n’est pas temps de lever les mesures de soutien à l’économie », a convenu le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, ce vendredi.

Un « pilotage très fin » des dépenses

Alors que le gouvernement espérait que l’année 2021 soit toute entière celle de la relance, ce montant représente quasiment ce qu’il a prévu de décaisser l’an prochain dans le cadre de la mission « Plan de relance ». Ce plan de 100 milliards d’euros doit en effet s’échelonner sur deux ans, même si une petite partie des dépenses a débuté fin 2020. Le deuxième confinement et un déconfinement qui sera finalement plus lent que prévu vont encore accroître l’impact de la crise sur de nombreuses entreprises, en particulier dans les activités de loisirs, la restauration ou l’évènementiel.

Pour limiter une vague de faillites l’an prochain, et les centaines de milliers de destructions d’emploi qu’elles entraîneraient – 180.000 selon une prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiée vendredi – le gouvernement fait le choix de maintenir l’économie sous perfusion. Mais Bruno Le Maire a prévenu : « Nous réorienterons cette aide massive sur les secteurs qui sont les plus impactés par la crise sanitaire ». « On est dans le moment le plus délicat, le moment de la transition d’une crise globale, qui touche tous les secteurs, à une crise différenciée, qui touche très brutalement certains secteurs alors que d’autres ont redémarré », a-t-il affirmé, défendant un « pilotage très fin » des dépenses pour viser ceux qui en ont le plus besoin.

Un dispositif « très généreux »

Les deux principaux instruments de ce soutien seront le fonds de solidarité, pour 7 milliards d’euros, et le chômage partiel, pour 11 milliards. Le gouvernement a renforcé le fonds de solidarité en décembre, en rendant notamment possible une prise en charge de 20 % du chiffre d’affaires perdu jusqu’à 200.000 euros pour les entreprises fermées​, ainsi que pour leurs fournisseurs qui ont perdu plus de 70 % de leurs revenus. Bruno Le Maire a vanté un dispositif « très généreux » et comparable à ceux mis en place ailleurs en Europe, en particulier en Allemagne. Le gouvernement prévoit aussi un milliard d’euros d’exonérations de charges pour les entreprises, et des aides pour les stations de ski, les aéroports.

Et alors que la pauvreté monte chez les plus fragiles, des moyens supplémentaires seront dédiés aux jeunes et à l’aide alimentaire. Sur ces 20 milliards d’euros, 8,5 milliards seront financés via des reports de crédits non dépensés cette année. Au total donc en 2020, ce sont environ 77 milliards d’euros qui auront été dépensés par l’Etat pour faire face à la crise, au lieu des 86 milliards budgétés. A cela s’ajoutent environ 100 milliards d’euros de pertes de recettes et plus de 300 milliards d’euros de garanties de prêts.

Une dette de 122,4 % du PIB

Malgré tout, avec une prévision de croissance que le gouvernement maintient à 6 % en 2021, après une récession historique cette année (-11 % selon la prévision du gouvernement), le déficit et la dette vont finalement être plus élevés que ce qu’il anticipait. Le déficit devrait atteindre 8,5 % du PIB l’a prochain, contre 6,7 % prévus initialement, et après 11,3 % attendus cette année.

Outre ces dépenses de soutien, cette différence s’explique « pour une part très très majoritaire par l’effet macroéconomique et les pertes de recettes » attendues l’an prochain, ainsi que par la nécessité de « financer l’achat de matériel sanitaire supplémentaire », a détaillé le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt. Pas de répit en revanche pour la dette publique, qui va continuer à flamber l’an prochain, alors que le gouvernement espérait amorcer sa décrue grâce à la reprise. Il l’attend à 122,4 % du PIB (contre 116,2 % prévus jusqu’ici), après 119,8 % cette année.