Bridgestone : L’agglomération de Béthune réclame le remboursement d’1,25 million d’euros à l’entreprise japonaise

AIDES PUBLIQUES Bridgestone, constructeur de pneumatique japonais, a décidé de fermer l’usine de Béthune et de licencier les 863 salariés en mai 2021

F.L. avec AFP
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L'usine Bridgestone de Béthune
L'usine Bridgestone de Béthune — F.Launay/20 Minutes
  • La communauté d’agglomération de Béthune-Bruay a voté mardi soir une délibération exigeant le remboursement d’1,25 millions d’euros à l’entreprise Bridgestone.
  • Le fabricant de pneumatique japonais, qui a bénéficié d’aides publiques, a décidé de fermer son usine de Béthune en mai 2021 en laissant sur le carreau 863 salariés.

Les pouvoirs publics veulent en avoir pour leur argent. Mardi soir, la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay a « exigé » le remboursement par Bridgestone d’une aide de 1,25 million d’euros, après la décision de la direction du géant japonais du pneumatique de fermer son usine de Béthune.

Dans un vote en conseil communautaire, la collectivité a justifié cette demande en évoquant le non-respect par Bridgestone de l’une des clauses sociales ayant conditionné le versement de subventions entre 2007 et 2010 pour moderniser l’usine de Béthune.

Bridgestone avait sollicité des aides en 2007

Les élus « autorisent » le président de l’agglomération Olivier Gacquerre « à prendre toutes les mesures utiles afin de permettre ce remboursement, notamment par l’émission d’un titre de recettes, ou l’exercice d’une éventuelle action en justice, au nom et pour le compte de l’agglomération », peut-on lire dans le texte de cette délibération.

En 2007, Bridgestone avait lancé un plan d’investissements de 30 millions d’euros pour augmenter les capacités de production l’usine, sollicitant des aides de l’Etat, de la région et des collectivités locales.

Une aide financière liée à l’époque à la création de 50 emplois

La convention signée avec la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane (CABBALR) prévoyait le versement de 1,5 million d’euros « pour l’investissement et la création d’emplois relatifs au développement de la production de pneus ultra haute performance ».

En contrepartie, Bridgestone s’engageait à créer 50 emplois entre 2007 et 2010 – l’effectif de départ étant de 1.208 CDI – et à les maintenir « durant une période de cinq années suivant la date d’achèvement du programme », soit jusqu’à fin 2015. L’agglomération avait finalement versé 1,25 million d’euros.

La clause n’a pas été respectée

Mais la clause n’a pas été respectée : en 2015 « on était à moins 91 » emplois par rapport à l’effectif de départ, explique le vice-président de l’agglomération Steve Bossart, rapporteur du dossier. Constatant le non-respect de l’engagement, l’agglomération avait alerté Bridgestone dès 2016, sans demander le remboursement.

Mais aujourd’hui, la direction « ne joue pas le jeu », déplore Steve Bossart. Mi-septembre, Bridgestone a brutalement annoncé son intention de fermer l’usine, qui emploie désormais 863 personnes, à l’horizon 2021. « On réclame le remboursement, c’est de l’argent public, on a des comptes à rendre », a expliqué Steve Bossart, la collectivité souhaitant « flécher » cet argent vers du développement économique, car « avec les gens qui vont se retrouver sur le carreau, il va y avoir des besoins ».

Selon lui, la présence de l’usine à Béthune rapporte chaque année 4,4 millions d’euros de recettes fiscales à l’agglomération, à la ville et au département.