Confinement: Avec les bars et restaurants fermés, les distributeurs de boissons « ont perdu plus de 90 % de leur chiffre d’affaires »

MISE EN BIERE Les grossistes en boissons des Hauts-de-France ont perdu « au minimum 90 % de leurs clients » avec la fermeture des restaurants et des bars

Francois Launay

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Des fûts de bière (illustration)
Des fûts de bière (illustration) — SUZAN THIERRY/SIPA
  • Les distributeurs de boissons sont touchés de plein fouet par la crise économique liée à la pandémie du Covid-19 avec la fermeture des bars et des restaurants.
  • Comme les distributeurs de boissons travaillent encore un peu en livrant certains clients comme les collectivités, ou des Ehpad par exemple, ils n’ont pas le droit de percevoir certaines aides de l’Etat.
  • Pour se faire entendre, dix-huit grossistes de la région Hauts-de-France viennent de se réunir dans un consortium.

Restaurants, bars et discothèques fermés. Pour les distributeurs de boissons, la fin d’année 2020 est un cauchemar. D’habitude propice aux bonnes affaires, la période tourne à la catastrophe économique pour des grossistes qui ont perdu gros à cause de la pandémie de Covid-19 et de ses restrictions.

« Au minimum, 90 % de nos clients sont fermés. Cafés, hôtels, restaurants, stades de foot ou encore événementiel, tous ces métiers-là ne fonctionnent pas en ce moment. Du coup, la plupart des grossistes ont perdu entre 90 et 98 % de leur chiffre d’affaires », explique Laurent Pecqueur, directeur général de Sodiboissons qui emploie 104 personnes dans les Hauts-de-France.

Un secteur pas éligible au fonds de solidarité

Pourtant, les distributeurs de boissons travaillent encore un peu en livrant certains clients comme les collectivités, ou des Ehpad par exemple. Insuffisant pour vivre et pénalisant pour toucher des aides de l’Etat. Car le secteur n’a pas été fermé administrativement. Du coup, malgré la perte colossale de chiffre d’affaires, il n’a pas le droit de percevoir certaines aides de l’Etat.

« Si on bénéficie bien du chômage partiel, on ne touche aucune aide du fonds de solidarité alors que notre situation est très préoccupante. On demande à entrer dans ce fonds sans restriction. C’est une question de survie. Si on n’est pas traité de la même manière que nos clients fermés, il y aura énormément de casse chez les grossistes en boissons en 2021. On est clairement l’une des corporations les plus touchées économiquement aujourd’hui », poursuit le patron de Sodiboissons.

Autre conséquence du manque d’activité : les stocks sont plein de produits consignés qui vont bientôt atteindre leur date de péremption. Plutôt que de les jeter, les professionnels aimeraient pouvoir écouler ces stocks auprès du grand public ou en les donnant à des associations.

Manifestation le 14 décembre à Lille

Pour alerter les pouvoirs publics sur le drame économique qui est en train de se jouer, dix-huit grossistes en boisson de la région ont décidé de se réunir au sein d’un consortium. Lundi 14 décembre, avec d’autres acteurs du monde de l’événementiel, ils manifesteront à Lille de la place de la République jusqu’au conseil régional où ils comptent faire entendre leurs revendications dans le calme.

« On ne veut pas jeter des pavés, juste instaurer un dialogue pour trouver des solutions régionales à notre situation et traiter au cas par cas. On est très conscients de la situation sanitaire, on ne demande pas la réouverture des bars et restaurants. On veut juste rappeler qu’on existe car on ne va pas retrouver une activité pleine tout de suite », rappelle Laurent Pecqueur qui espère que le message sera rapidement entendu. L’avenir de tout un secteur est en jeu.