Confinement à Bordeaux : Ambre Garcia crée des distributeurs automatiques de lunettes

INNOVATION Elle a développé un modèle pour les lieux publics et un autre pour les opticiens

Clément Carpentier

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Le distributeur de lunettes
Le distributeur de lunettes — Ambre Garcia
  • Ambre Garcia crée des distributeurs automatiques de lunettes après une agression en 2014.
  • La Bordelaise vient d’installer l’un de ses modèles dans la gare de Nice et pourrait bientôt s’implanter sur les aires d’autoroutes.
  • Son second modèle installé dans l’une de ses boutiques connaît une grande réussite depuis le premier confinement et lui permet « de garder contact avec ses clients ».

On pourrait presque dire que c’est un mal pour un bien. « C’est vrai que si je revoyais mon agresseur aujourd’hui je lui dirai peut-être merci », avoue Ambre Garcia. En effet, c’est à la suite d’un racket dans l’une ses boutiques du quartier Mondésir à Mérignac dans la banlieue de Bordeaux en 2014 que cette opticienne a eu cette idée : développer des distributeurs automatiques de lunettes.

A l’époque, la jeune femme « n’arrive pas à retourner physiquement au travail par peur », alors elle « réfléchit comment continuer à servir ses clients à distance ». Pendant trois ans, Ambre Garcia à la tête Desir d'y Voir travaille sur son projet avant en 2017 de lancer une première phase de tests. Avec l’aide de la ville de Mérignac, la Bordelaise installe sa première machine « Eyes Corner » à l’aéroport :

Elle proposait entre 32 et 38 modèles de lunettes de soleil, de lecture et aussi des accessoires. Ça a très bien marché, il y avait une vraie demande, j’avais un panier moyen de 19 euros ce qui est vraiment pas mal dans notre branche »

Mais l’aventure s’arrête au bout d’un an, faute d’accord financier avec le propriétaire des lieux.

Un moyen de garder un lien avec le client en pleine pandémie

Pas question pour Ambre de baisser les bras. Elle croit toujours autant à son idée. La Girondine de 34 ans se lance même sur un deuxième modèle cette fois-ci complémentaire de ses cinq magasins ; car « son objectif n’est surtout pas que les distributeurs remplacent les opticiens mais plutôt de garder le lien notamment avec la pandémie actuelle et les différents confinements ». Le premier d’entre eux est installé il y a un peu plus d’un an rue d’Ornano à Bordeaux. Les clients peuvent trouver tous types d’accessoires, et surtout ils peuvent récupérer leur paire de lunette à n’importe quel moment après être venus faire les réglages sur une nouvelle paire ou les faire réparer.

La Bordelaise Ambre Garcia devant son nouveau distributeur, rue d'Ornano à Bordeaux.
La Bordelaise Ambre Garcia devant son nouveau distributeur, rue d'Ornano à Bordeaux. - Clément Carpentier / 20 Minutes

Ambre Garcia a installé pour ça des casiers. Il suffit d’un code les ouvrir. Une nouvelle fois, c’est plutôt une réussite car son chiffre d’affaires a augmenté de 60 à 70 % depuis le premier confinement où la demande a été très forte. « En gros, le premier est fait pour les lieux publics et surtout pour dépanner dans l’immédiat le client alors que le second, c’est vraiment pour faciliter l’échange avec le client tout en gardant le lien physique au préalable en boutique », résume-t-elle.

Bientôt sur les aires d’autoroute ?

Le concept séduit. Au-delà des médias qui défilent depuis son pas-de-porte pour parler de ses distributeurs uniques en Europe, il y a de plus en plus de gens intéressés. Depuis septembre, elle a installé un nouveau distributeur en gare de Nice. L’opticienne est en discussion avec plusieurs entreprises pour s’implanter sur les aires d’autoroutes, un marché très important.

Pour le deuxième modèle, elle a déjà reçu plusieurs coups de fil de collègues. Mais attention, cela à un prix : 15.000 euros minimum. De son côté, elle espère vite équiper d’autres de ses boutiques.