Banque : La Société générale fusionne avec Crédit du Nord, 600 agences fermées d'ici 2025

RESTRUCTURATION Le groupe assure ce lundi qu'il n'y aura pas de départs contraints

20 Minutes avec AFP

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Le siège de la Société générale à La Défense.
Le siège de la Société générale à La Défense. — Lionel Urman/SIPA

Avec la crise économique qui découle de la pandémie de coronavirus, le paysage bancaire français se restructure. Le groupe bancaire Société Générale a officialisé ce lundi le projet de fusion de ses deux réseaux de détail en France Société Générale et Crédit du Nord. Ce projet passera par la fermeture de 600 agences.

À l’issue d’un week-end de consultation des conseils d’administration concernés, le groupe au logo rouge et noir a décidé que les deux réseaux ne feraient plus qu’un à compter du premier semestre 2023, a-t-il annoncé dans un communiqué. Cette décision fait suite à une étude sur le sujet lancée mi-septembre.

Des départs naturels et des syndicats inquiets

Le groupe entend préserver la même empreinte territoriale tout en réduisant le nombre d’agences – dans une même ville, il y a en effet souvent des agences des deux enseignes à proximité l’une de l’autre. Il passera ainsi d’environ 2.100 agences à fin 2020 à environ 1.500 à fin 2025.

En matière d'emplois, « il n’y aura aucun licenciement, aucun départ contraint », a assuré à l’AFP Sébastien Proto, directeur général adjoint du groupe, estimant que les départs naturels ces prochaines années permettront de mener à bien le projet tout en continuant à recruter. Les syndicats, eux, craignent de nombreuses suppressions d’emplois, en raison des doublons entre les deux structures. La CFDT du Crédit du Nord avait estimé que les deux banques pourraient perdre au moins « entre 3.000 et 5.000 emplois ».

Le coût du Covid-19

« Notre objectif est d’anticiper l’évolution des comportements des clients dans les années qui viennent dans un environnement pour les banques de détail qui évolue très vite et très profondément », souligne Sébastien Proto. Le groupe anticipe une accélération de cette évolution au sortir de la crise sanitaire, avec un recours accru aux services en ligne​ et des attentes encore plus fortes de réactivité et d’immédiateté dans les services bancaires.

Le groupe bancaire a accusé une perte de plus d’un milliard d’euros au premier semestre sous l’effet de la crise du Covid-19, avant de se reprendre en partie au troisième trimestre. Dans ce contexte, il a annoncé au cours de l’été la nomination d’une nouvelle équipe de direction sous la houlette du directeur général Frédéric Oudéa, en vue de préparer son futur plan stratégique qui doit notamment permettre de réduire ses coûts.

Un projet à 700 millions d’euros

Jusqu’à présent, les activités de banque de détail du groupe étaient organisées autour de trois enseignes avec un large niveau d’autonomie : les réseaux Société Générale et Crédit du Nord, dotés d’agences physiques, et la banque en ligne Boursorama.

La fusion des deux premiers devrait permettre une réduction nette de la base de coûts du futur ensemble de plus de 350 millions d’euros en 2024 et d’environ 450 millions en 2025 par rapport à 2019. La facture à régler pour mener à bien le projet est quant à elle estimée entre 700 et 800 millions d’euros, qui seront payés l’an prochain pour l’essentiel.