Somme : La crise de l’industrie aéronautique risque de frapper violemment le nord du département

ECONOMIE Avec une cinquantaine d’entreprises aéronautiques, le secteur d’Albert, dans la Somme, voit son horizon social s’assombrir

Gilles Durand

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Illustration de l'industrie aéronautique.
Illustration de l'industrie aéronautique. — VINCENT WARTNER / 20 Minutes
  • La préfecture de la Somme annonce la tenue d’une nouvelle réunion de crise autour de l’industrie aéronautique.
  • Les plans sociaux s’enchaînent et il est question d’environ 600 emplois supprimés.

Nouveau séisme social en vue. La préfecture de la Somme annonce, ce vendredi, la tenue d’une nouvelle réunion de crise autour de l’industrie aéronautique, lundi. Ce secteur économique concentre une cinquante d’entreprises autour de l’usine Stelia Aerospace qui fabrique, à Albert, les nez d’avions pour Airbus.

« Les usines aéronautiques de la Somme connaissent une crise sans précédent en raison des conséquences de l’épidémie de Covid-19 sur le trafic aérien international », souligne la préfecture, dans un communiqué. Le 9 octobre, un premier comité de suivi avait déjà organisé avec les entreprises locales durement touchées par cette crise, ainsi que différents acteurs institutionnels et syndicaux.

Environ 600 postes supprimés ?

Depuis, un plan social a été annoncé chez AAA (Assistance aéronautique et aérospatiale) concernant le licenciement de 128 salariés sur le site de Méaulte. Dans l’entreprise Stelia Aerospace, 290 emplois sont également visés par des suppressions de postes, et de nombreux sous-traitants risquent d’être touchés. Il est question de quelque 600 postes supprimés dans ce qui est principal pôle aéronautique des Hauts-de-France.

Pour Jean-Louis Taillefer, secrétaire régional CFE-CGC, « la période est très compliquée à gérer » car « nous ne sommes que des entreprises d’accompagnement d’Airbus », dépendantes de ce donneur d’ordre qui a lui-même annoncé fin juin 5.000 suppressions de postes en France.

Un tournant pour la filière ?

Après « dix années glorieuses », la filière se trouve à un tournant : elle doit désormais « conserver son savoir-faire tout en se diversifiant », explique Chantal Carton, chargée de mission économie-innovation à la communauté de Communes du Pays du Coquelicot.

Du plan de 15 milliards d’euros d’aides, d’investissements, de prêts et de garanties pour venir en aide au secteur de l’aéronautique, les entreprises picardes ont bénéficié de 16 millions d’euros de prêt garanti par l’Etat (PGE) ou d’avances remboursables. Une stratégie d’accompagnement des salariés de l’aéronautique a été mise en place, selon la préfecture.