Salaires : Êtes-vous bien ou mal payé ? Comparez votre fiche de paie grâce à l’Insee

ARGENT L’Insee dévoile ce vendredi sa dernière étude sur l’évolution des salaires en France

Nicolas Raffin

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Il faut parfois donner de la voix pour voir son salaire revalorisé.
Il faut parfois donner de la voix pour voir son salaire revalorisé. — West Coast Surfer / Moo/REX/SIPA
  • L’Insee publie ce vendredi une étude sur les salaires moyens et médians en 2018.
  • La moitié des salariés gagnent moins de 1.871 euros nets mensuels.
  • Les très hauts salaires ont augmenté beaucoup plus que les autres en 2018.

A moins de travailler au service paie de votre entreprise ou d’épier discrètement votre voisin de bureau, difficile de savoir combien gagnent vraiment vos collègues, et a fortiori les salariés des autres entreprises. Heureusement, l’Insee est là et peut vous permettre d’étancher en partie votre soif de curiosité.

L’institut publie ce vendredi une étude sur les salaires * dans le secteur privé, avec les dernières données disponibles (datant de 2018). Par rapport à 2017, le salaire net, en équivalent temps plein (EQTP)**, passe de 2.317 à 2.369 euros, soit une progression de 2,2 %, « principalement du fait de la réduction du taux de prélèvements sociaux (cotisations maladie et chômage) supportés par les salariés », note le rapport. Néanmoins, en tenant compte de l’augmentation des prix (+1,8 %) sur la même période, la hausse « réelle » (ou en « euros constants ») n’est que de 0,4 %.

Le salaire médian : 1.871 euros nets par mois

Cette moyenne ne renseigne en rien sur les écarts de salaire en France. Pour cela, il faut utiliser la « distribution », qui classe les salariés suivant leur niveau de rémunération et permet de voir les disparités. Le résultat est visible dans le graphique ci-dessous :

Distribution des salaires par 20 Minutes

On observe ainsi que 8 salariés sur 10 « ont un salaire net compris entre le Smic (1.177 euros, nets de contributions et de cotisations sociales) et 3.000 euros par mois ». Le salaire médian (50 % des salariés gagnent moins, 50 % gagnent plus que ce montant) s’établit quant à lui à 1.871 euros net mensuels.

Du côté des hautes rémunérations, seulement 10 % des salariés perçoivent plus de 3.776 euros par mois et 5 % touchent plus de 4.932 euros. Enfin, le « top 1 % » culmine à plus de 9.172 euros mensuels, quasiment huit fois le Smic. Et pour ne rien gâcher, leur salaire a augmenté six fois plus (1,2 % contre 0,2 %, en tenant compte de l’inflation) entre 2017 et 2018 que 70 % des salariés.

Enfin, s'agissant des catégories socioprofessionnelles, on observe là aussi, et sans surprise, des écarts conséquents, notamment parce que les chefs d'entreprise salariés, souvent bien rémunérés, sont inclus dans les cadres. 

Rémunération CSP par 20 Minutes

Les hautes rémunérations encore loin de la parité

Concernant les écarts de salaire entre hommes et femmes, « les salaires en EQTP des femmes sont en moyenne inférieurs de 16,9 % à ceux des hommes », rapporte l’Insee. Cet écart s’est réduit de quatre points depuis 2008. Cela est notamment dû au fait que les femmes sont de mieux en mieux représentées dans la catégorie des cadres, qui est la plus rémunératrice (et donc qui tire la moyenne vers le haut).

Evolution du salaire médian des hommes et femmes par 20 Minutes

Néanmoins, les très hautes rémunérations sont encore loin de la parité : parmi les très hauts salaires (plus de 9.172 euros), 80 % concernent des hommes. Dans une note de 2014, le Conseil d’analyse économique expliquait que ce déséquilibre provenait notamment du fait des « stéréotypes sexués » qui « peuvent pousser les femmes à s’orienter vers des métiers aux horaires moins contraignants et aux perspectives moins risquées, mais en moyenne moins rémunérateurs, ainsi qu’à moins s’investir dans la compétition et la négociation, postures favorables aux promotions. »

* Champ de l’étude : France, salariés en EQTP (équivalent temps plein) du privé et des entreprises publiques, y compris bénéficiaires de contrats aidés et de contrats de professionnalisation ; hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers employeurs.

** Selon l’Insee, « le salaire en équivalent temps plein est un salaire converti à un temps plein pendant toute l’année, quel que soit le volume de travail effectif ». Par exemple, le salaire EQTP d’un employé qui aurait travaillé 80 % de l’année et perçu 16.000 euros sera de 20.000 euros (16.000/80 %). En termes d’effectif, il sera décompté par l’Insee comme 0,8 EQTP.