Coronavirus : Quel bilan pour les commerces une semaine après leur réouverture ?

CONSOMMATION Les premiers retours sont assez contrastés

Nicolas Raffin

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Le Premier ministre Jean Castex visite un salon de coiffure à Reims, le 28 novembre 2020.
Le Premier ministre Jean Castex visite un salon de coiffure à Reims, le 28 novembre 2020. — Gutner/SIPA/SIPA
  • Les commerces dits « non essentiels » ont rouvert fin novembre, après un mois de fermeture.
  • Si les commerçants se réjouissent de travailler à nouveau, ils ne constatent pas un afflux massif de clients.
  • Les nouvelles mesures sanitaires pourraient aussi ralentir l’envie de faire du shopping.

Ils attendaient de retrouver leurs clients avec impatience, afin de rattraper le temps et le chiffre d’affaires perdus lors du confinement. Quasiment une semaine après la réouverture des commerces « non-essentiels », quel bilan en tirer ? S’il est trop tôt pour avoir des chiffres précis, les fédérations et les représentants contactés par 20 Minutes sont clairs : même si de longues files d’attente étaient visibles devant certains magasins samedi dernier, toutes les boutiques n’ont pas été prises d’assaut.

Chez les coiffeurs, par exemple, « les remontées sont très variables », explique Christophe Doré, président de l’Union nationale des entreprises de la coiffure (Unec). « Si sur l’ensemble du territoire, la reprise se fait plutôt dans de bonnes conditions, ça reste compliqué à certains endroits, poursuit-il. Par exemple, les salons implantés à côté d’entreprises du tertiaire ont moins de clients, car beaucoup sont restés en télétravail ».

Des clients moins nombreux

Pour Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce (450 enseignes, dont les Galeries Lafayette, Celio, ou encore André) le bilan est également en demi-teinte. « D’après le panel Retail Int., qui représente 50 enseignes et 10.000 magasins en France, la fréquentation du week-end dernier est en baisse de 40 % par rapport à la même période en 2019, indique-t-il. » Le point positif, « c’est que le chiffre d’affaires n’est lui en baisse "que" de 23 %, ce qui veut dire que le taux de transformation est plutôt bon : lorsque les clients entrent dans un magasin, ils savent ce qu’ils vont acheter et ils achètent ».

Certains magasins spécialisés, comme ceux de jouets, ont néanmoins tiré leur épingle du jeu. Chez JouéClub par exemple, le chiffre d’affaires du week-end dernier est le même que celui de 2019 : « C’est encourageant, car l’année dernière, c’était le week-end du Black Friday [décalé cette année au 4 décembre, soit ce vendredi], explique à BFM Business Franck Mathais, le porte-parole de l’enseigne. Là, nous sommes dans un contexte complètement différent ».

Peur de faire la queue ?

Les magasins ont en effet dû mettre en place un protocole sanitaire renforcé : la jauge est désormais de 8 m2 par client, et les grandes surfaces de vente sont obligées d’avoir un système de comptage à l’entrée. « Dans les grands centres commerciaux, ces jauges peuvent rebuter les clients qui craignent de devoir faire la queue », note Yohann Petiot.

D’autres commerçants ont fait état d’une baisse de la fréquentation liée à la limite de déplacement de 20 kilomètres autour du domicile. « Il y a une clientèle qui vient (habituellement) de Limoges, Poitiers, Périgueux, Angoulême, La Rochelle, Dax… Sans elle, il nous manque 50 % des clients », assurait fin novembre Christian Baulme, président de la Ronde des Quartiers, à Bordeaux  au micro d’Europe 1.

Eviter un nouveau confinement

Même si la reprise est donc vécue très différemment en fonction du type de magasins, les représentants des commerçants s’accordent pour dire que le mois de décembre ne suffira pas à éponger les pertes liées à la fermeture forcée pendant les deux confinements.

« Les gens ne vont pas aller se faire couper les cheveux deux fois en un mois, illustre Christophe Doré. Par ailleurs, tout ce qui est mariages ou fêtes reste encore interdit et pèse sur notre activité ». S’il garde espoir pour 2021, il se montre quand même réaliste : « il y aura des défaillances d’entreprise et des licenciements. Certains patrons de salons de coiffure ne se payent plus depuis des mois. La priorité, c’est d’éviter à tout prix un troisième confinement ».