Confinement : Réouverture, recrutements... Les saisonniers des stations de ski sont dans le brouillard

ECONOMIE Le gouvernement a annoncé la fermeture des remontées mécaniques pour Noël, à la surprise des stations de ski qui avaient déjà lancé les recrutements de saisonniers 

Mathilde Ceilles

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Des pisteurs de la station du Pra Loup, dans les Alpes-de-Haute-Provence
Des pisteurs de la station du Pra Loup, dans les Alpes-de-Haute-Provence — Bastien LOUVET/SIPA
  • Les stations de ski pourront rouvrir en décembre, mais pas leurs remontées mécaniques.
  • Cette décision surprise de dernière minute intervient alors que les recrutements de saisonniers ont déjà lieu.
  • Si le chômage partiel va être mis en place, il ne couvre pas toutes les professions.

« C’est la douche froide, lance le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’AzurRenaud Muselier. Et surtout, cette décision pose plein de questions. Comment faire avec le pool de saisonniers qu’il faut stabiliser ? Faut-il les embaucher ou non ? » Pour les 15.000 personnes employées chaque année pour faire tourner les 65 stations de la région​, au lendemain de l’annonce de Jean Castex de la fermeture des domaines skiables pour les vacances de Noël, l’incertitude est totale.

Cette annonce a été une véritable surprise pour tous les acteurs du secteur. « La décision a été prise malgré un protocole mis en place en lien avec les préfets et l’ensemble des professionnels, après un grand nombres de réunions de travail, fulmine Renaud Muselier. Nous en étions arrivés à un scénario d’ouverture avec une dixième version du protocole sanitaire qui avait validé par le gouvernement à l’issue d’une réunion. » Aussi, les stations de ski avaient, comme à leur accoutumée, lancé les embauches bien avant cette décision, dans l’optique d’ouvrir à la date habituelle.

« Nous avions fait des promesses d’embauche »

« Nous avions entamé les recrutements bien en amont, au début de l’automne, confirme Xavier Corne, directeur de la station des Orres dans les Hautes-Alpes. On a besoin chez nous de 185 personnes, dont 140 saisonniers, sur les remontées mécaniques. Pour cette saison, nous avons donc recruté du personnel mais qui, du coup, ne va pas techniquement travailler tout de suite. Or, nous avions fait des promesses d’embauche, ce qui nous engage. »

Alors, malheureusement, pour Noël, les saisonniers vont commencer la saison comme ils ont fini la précédente : au chômage partiel. Bien avant l’annonce d’une réouverture des domaines skiables en janvier, le gouvernement avait en effet laissé entrevoir cette possibilité. Un soulagement pour Xavier Corne, qui estime que la fermeture de son domaine skiable du 12 décembre au 20 janvier entraînera d’ores et déjà un manque à gagner de 3,8 millions d’euros.

« Le travail ne va pas s’inventer hors saison »

Du côté des syndicats, la colère gronde. Dans un communiqué transmis ce vendredi, la fédération syndicale FO Transports et Logistique a réclamé l’ouverture des remontées mécaniques pour Noël dans les stations de sports d’hiver, en appelant les salariés à se mobiliser. « Les saisonniers, on en aura toujours besoin et le travail ne va pas s’inventer hors saison », écrit-elle dans un communiqué.

Demandant au gouvernement d'« arrêter de (se) moquer » des saisonniers, FO Transports et Logistique appelle également au « maintien de l’activité partielle jusqu’à la fin habituelle des contrats, soit pour la plupart mi-avril ».

« Mais le chômage partiel ne concerne pas les moniteurs qui, par définition, sont des indépendants, rappelle Jérémie Noyrey, directeur adjoint du syndicat nationale des moniteurs du ski français. La période Noël représente 30 % du chiffre d’affaires pour eux. Alors il y a une vraie question. Est-ce qu’on va pouvoir percevoir 10.000 euros du fonds de solidarité ? On attend la publication des décrets. On ne sait vraiment pas ce qu’il va se passer. »