Coronavirus à Montpellier : Comment les confinements ont transformé les photos imprimées par Cewe

CHEEEESE Ces derniers mois, les Français ont eu un peu plus de temps pour trier leurs clichés. Et ils ont eu envie de faire plaisir à leurs proches

Nicolas Bonzom

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Un calendrier de photos Cewe
Un calendrier de photos Cewe — Cewe
  • Depuis début novembre, les effectifs ont été multipliés par deux, au laboratoire Cewe, près de Montpellier : ici, on fabrique les produits de l’entreprise d’impression photo.
  • Mais cette année, confinement oblige, les comportements ont changé : les dates des photos commandées par les clients sont plus anciennes, et les Français ont eu encore plus envie que les années précédentes de faire plaisir à leurs proches.
  • Il y a cependant un article qui ne se démode pas : le tirage photo, star du secteur.

C’est une véritable ruche qui s’active, jour et nuit, au laboratoire Cewe, à Fabrègues (Hérault), près de Montpellier. Ici, sont fabriqués les albums et les calendriers du leader européen de l’impression photo. Et si, crise oblige, l’activité de l’entreprise a quelque peu oscillé depuis le printemps, à l’approche de Noël, c’est le rush.

« Depuis début novembre, notre effectif a doublé : on est passé d’une soixantaine de personnes à environ 120, avec des saisonniers qui nous accompagnent pendant cette période de forte croissance, confie Don Weedman, le directeur du laboratoire. Nous réalisons 80 % de notre volume annuel de calendriers, et 30 % des livres photos. » Car ces produits-là sont de parfaits cadeaux de dernière minute, pour bon nombre de clients. Chez Cewe, même si on peut encore commander environ une semaine avant Noël pour que les albums soient sous le sapin, on incite toutefois à commander le plus tôt possible. « C’est toujours un peu la course à la fin ! », sourit Don Weedman.

Le laboratoire Cewe, à Fabrègues
Le laboratoire Cewe, à Fabrègues - Cewe

L’âge des photos a « beaucoup, beaucoup reculé »

Quoi que, cette année, en raison des deux confinements, les usages ont quelque peu changé, et les clients de l’entreprise s’y sont pris un peu plus tôt que d’ordinaire. « On a demandé aux Français de rester le plus possible à la maison cette année, notamment le soir et le week-end. Ce sont des moments propices pour créer des produits », indique Laurence Courtinat Vernon, la directrice générale de Cewe en France.

Mais, en matière de photos, le Covid-19 a bousculé bien plus que ça les comportements. D’abord, sur les clichés choisis pour illustrer les livres ou les calendriers commandés à l’entreprise. « Nous avons remarqué que, pendant le premier confinement, l’âge des photos utilisées a beaucoup, beaucoup reculé, reprend Laurence Courtinat Vernon. D’ordinaire, en avril, les photos dataient de trois à six mois. Et là, nous avons vu revenir des photos d’il y a des années. Pendant le confinement, les Français ont eu du temps, ils ont trié, ils se sont mis au carré sur leurs photos. Ils ont commandé des livres, et des tirages. Au retour de l’été, on est revenu un peu à la normale. Ce ne sont simplement plus des photos de vacances dans le monde, mais en France. Et il y a eu, bien sûr, des mariages, pour le peu qu’il y a eu, des naissances, les enfants qui grandissent… »

« Cette année, on a tous envie de montrer à nos proches qu’on les aime »

Autre phénomène lié à la crise : l’envie de faire plaisir à ses proches, de garder le contact. « Nous avons remarqué une hausse de la part des produits envoyés à des adresses de livraisons différentes de l’adresse de facturation. Les gens créent des produits pour les envoyer à leur entourage. Cette année, on a tous envie de montrer à nos proches qu’on les aime, d’autant plus qu’on ne va pas forcément les voir. »

Et si les produits classiques, les livres photos ou les calendriers, ou nouveaux, les cartes postales ou les puzzles, sont fabriqués à la chaîne sur les lignes de production des laboratoires Cewe, l’un d’entre eux ne se démode pas : les tirages photos. Les clients en raffolent étonnamment toujours, malgré l’avènement du numérique. Chez Cewe, c’est même le deuxième produit en termes de chiffre d’affaires : en 2019, l’entreprise a tiré plus de 2 milliards de photos. « C’est un produit transgénérationnel : les personnes plus âgées en demandent parce qu’elles l’ont toujours fait, depuis la pellicule, reprend la directrice générale de la société en France. Et les adolescents parce que les murs de leurs chambres n’ont pas changé : elles sont toujours couvertes de photos. »