Confinement : Emmanuel Macron rouvre les boutiques le 28 novembre et soulage les commerçants

ANNONCES Lors de son allocution mardi soir, le président de la République a expliqué que cette réouverture aurait lieu avec un protocole renforcé

Nicolas Raffin

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Un centre commercial désert à Rouen, en novembre 2020.
Un centre commercial désert à Rouen, en novembre 2020. — ROBIN LETELLIER/SIPA
  • Emmanuel Macron a pris la parole mardi soir pour évoquer les étapes du déconfinement.
  • Les commerces – hormis les bars et restaurants – pourront rouvrir à partir de samedi, le 28 novembre, avec un protocole sanitaire renforcé qui sera détaillé mercredi.
  • Les représentants du secteur sont globalement satisfaits des annonces.

Les commerçants vont pouvoir rallumer leurs vitrines et lever leurs rideaux. Emmanuel Macron a annoncé ce mardi la réouverture « de tous les commerces » (hors bars et restaurants) samedi prochain, le 28 novembre, moins d’un mois avant Noël. Autant dire que la période qui arrive va être cruciale pour le chiffre d’affaires de nombreuses enseignes. En effet, depuis le 30 octobre, en dehors des commerces « essentiels » (boulangerie, supermarchés, garages…) restés ouverts, tous les autres avaient dû fermer ou se cantonner au « click & collect » (vente à emporter) pas toujours simple à organiser.

Sans surprise, l’autorisation présidentielle est donc saluée par les représentants du secteur. « C’est la mesure qu’on attendait », reconnaît Laurent Munerot, président de l’U2P (Union des entreprises de proximité). « On est très soulagé, poursuit Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la Fédération française de la franchise. C’est très important d’avoir un week-end supplémentaire avant Noël : c’est bien pour le commerce et ça va fluidifier le trafic dans les magasins ».

De nouvelles règles à venir

Cette réouverture des commerces s’accompagnera néanmoins d’un protocole sanitaire plus strict qu’auparavant, négocié ces dernières semaines lors de rencontres entre les représentants des commerçants et le ministère de l’Economie, à Bercy. Si Emmanuel Macron n’en a pas donné les détails dans son allocution, l’entourage de Bruno Le Maire a déjà confirmé une mesure qui sera présentée mercredi.

Les commerces devront ainsi respecter une jauge maximum de clients, fixée à 8 m2 par consommateur. Petite subtilité : ce nombre de mètres carrés par personne (hors personnel) est certes plus élevé que dans le précédent protocole (4 m2), mais il sera calculé à partir de la surface entière du magasin, alors qu’auparavant, tous les espaces occupés (rayons, caisses, meubles, etc) étaient déduits du total. « C’est plus facile à calculer et dans certains cas, ça peut être plus avantageux qu’avant », explique Véronique Discours-Buhot.

« Il ne faudrait pas que les règles sanitaires soient trop contraignantes et fassent perdre de la rentabilité à l’entreprise », prévient Laurent Munerot, qui milite pour que les commerces de moins de 100 m2 obtiennent une dérogation sur la jauge. Des ajustements – notamment pour les salons de coiffure – pourraient être présentés ce mercredi.

Autre règle qui devrait être appliquée : la mise en place d’un système de comptage à l’entrée lorsque le magasin dépasse les 400 m2. « Nous avons voulu que cette règle n’entraîne pas des frais supplémentaires, avance Véronique Discours-Buhot. Il faudra être pragmatique. Par exemple, si votre jauge vous permet de recevoir 20 clients, vous mettez 20 paniers à l’entrée et quand il n’y en a plus, il faut attendre que les gens sortent ».

La restauration devra patienter

Si la plupart des secteurs du commerce étaient donc soulagés après les annonces du chef de l’État, il restait mardi soir quelques incertitudes sur l’engagement pris par Emmanuel Macron de rouvrir « tous les commerces ». Selon le ministère de l’Economie, la question des auto-écoles et des agences immobilières n’était pas encore arrêtée. « Cela sera tranché mercredi par Matignon » indique un proche de Bruno Le Maire.

En revanche, la restauration connaît son sort depuis longtemps. En effet, les bars et restaurants, dont plusieurs études ont montré qu’ils étaient des lieux à très fort risque de contamination, ne pourront pas rouvrir avant fin janvier 2021, au mieux. Dans plusieurs régions, les patrons de ces établissements ont laissé éclater leur colère lundi et mardi, comme dans le Jura avec une « marche des sacrifiés ». Il faut aussi y ajouter les discothèques, fermées depuis mars. Pour toutes ces entreprises, les fêtes de fin d’année auront un goût amer.