Coronavirus : Vallourec supprime plus de 1.000 postes, dont 350 en France

EMPLOI Le spécialiste français des tubes sans soudure va fermer son usine en Seine-Maritime

20 Minutes avec AFP

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Coronavirus : Vallourec supprime plus de 1.000 postes, dont 350 en France (Archives)
Coronavirus : Vallourec supprime plus de 1.000 postes, dont 350 en France (Archives) — MARCEAU VOITURON/SIPA

Plus d’un millier de postes supprimés, dont 350 en France où une usine de Seine-Maritime sera fermée :  l'industriel Vallourec, toujours fortement pénalisé par la pandémie de coronavirus et endetté, a annoncé mercredi une nouvelle série de mesures pour renforcer sa compétitivité.

Spécialiste français des tubes sans soudure et tributaire d’un marché des hydrocarbures qui s’est très fortement contracté depuis le début de la crise sanitaire, Vallourec avait déjà annoncé au premier semestre la suppression de 900 postes en Amérique du Nord, soit le tiers des effectifs de la zone.

Désormais, il prévoit de supprimer 1.050 postes de plus, sur près de 19.000 salariés dans le monde.

Fermeture de l’usine de Déville-les-Rouen

Pour la France, le plan de restructuration prévoit la suppression de 350 postes, notamment sur des unités de production, incluant la fermeture de l’usine de Déville-les-Rouen (Seine-Maritime). « C’est un véritable choc pour notre territoire », a affirmé dans un communiqué le député (LREM) du département, Damien Adam, évoquant « près de 190 salariés » ainsi concernés et se disant déterminé à « tout faire » pour que le site « retrouve une activité à vocation industrielle reprenant un maximum d’emplois ».

« La disparition de l’entreprise fragilise un peu plus l’écosystème industriel de la Métropole » de Rouen, a déploré le président LREM du conseil départemental, Bertrand Bellanger, tandis que le maire PS de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol, a manifesté sa « colère » face à un « immense gâchis », affirmant que « ces annonces constituent un choc industriel de premier plan pour notre Métropole, qui ne peut rester sans réponse ».

Quelque 500 postes supprimés au Brésil

Les élus de la région Hauts-de-France et de plusieurs communes où Vallourec est présent ont également réagi pour exprimer leur vigilance « sur les emplois des sites industriels d’Aulnoye-Aymeries, Saint-Saulve, ainsi que du site support de Valenciennes ». En Allemagne, le groupe table sur 200 postes en moins et des réductions de temps de travail. Enfin, au Brésil, ce sont 500 postes qui seront supprimés dans les fonctions support.

Ces mesures font suite à un troisième trimestre qui a vu le chiffre d’affaires du groupe chuter d’un tiers, à 716 millions d’euros, tandis que la perte nette s’est légèrement creusée à 69 millions d’euros (contre 60 millions un an auparavant). Des résultats « en ligne avec nos attentes », a commenté le président du directoire Edouard Guinotte, en insistant sur la « capacité de résistance » de Vallourec. Le groupe a ainsi annoncé le renouvellement pour cinq ans de son contrat-cadre avec Total, venant après l’extension en juillet du partenariat avec Petrobras.

Perte nette de 636 millions

Mais la très forte baisse de la demande sur le marché Pétrole et Gaz, notamment en Amérique du Nord, et le recul d’activité dans les secteurs industriels en Europe, n’ont été qu’en partie compensés par un bon trimestre au Brésil.

Au total, les livraisons ont été presque divisées par deux sur un an, à 319.000 tonnes. Et le contexte économique demeure « très incertain », a souligné Edouard Guinotte. Le groupe a toutefois maintenu ses perspectives financières pour l’exercice 2020. Sur les neuf premiers mois, les ventes ont reculé d’un quart à 2,4 milliards d’euros et le groupe a enregistré une perte nette de 636 millions (contre 227 pour la même période de 2019).

Dans ce contexte d’activité fortement pénalisée par la crise sanitaire, qui a mis au ralenti les économies et réduit la demande en hydrocarbures, Vallourec a entrepris cet automne des négociations avec ses créanciers pour restructurer sa dette qui s’élevait à 3,5 milliards d’euros à fin septembre. Mardi, le groupe a annoncé qu’il visait une réduction de sa dette d’un peu plus de 50 % au moyen d’une conversion en capital, diluant donc les actionnaires actuels, alors que le cours en bourse de l’entreprise a fondu de 98 % en dix ans.

« Les négociations avec les créanciers commencent juste », a dit Edouard Guinotte, qui souhaite aboutir « le plus vite possible », et en tout cas avant février 2021, date de l’échéance de lignes de crédit à hauteur de 1,7 milliard d’euros.