Rennes : Technicolor va supprimer 102 postes d’ici la fin de l’année

SOCIAL Une partie de la division Maison connectée du groupe va être délocalisée en Inde

Jérôme Gicquel
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Le groupe Technicolor emploie 283 personnes sur son site de Cesson-Sévigné près de Rennes.
Le groupe Technicolor emploie 283 personnes sur son site de Cesson-Sévigné près de Rennes. — Franck Perry / AFP

Le couperet est tombé. D’ici la fin de l’année, Technicolor va supprimer 102 postes sur son site de Cesson-Sévigné près de Rennes. « Après deux mois de négociations, nos trois organisations syndicales n’ont eu d’autre solution que de signer l’accord majoritaire élaboré par la direction pour l’exécution du plan de licenciements », indiquent dans un communiqué commun les syndicats SUD, CFE-CGC et CFDT, précisant que leur signature « ne vaut pas adhésion à cette stratégie de délocalisation et réduction d’effectifs ».

Après avoir cédé sa division Brevets en 2018 puis sa division Recherche et innovation en 2019, le spécialiste français des technologies de l’image va donc délocaliser la partie R & D de sa division Maison connectée en Inde. « Nous sommes convaincus que ce PSE met en péril l’avenir du site et plus largement celui de la division Maison connectée », soulignent les syndicats, fustigeant la direction de Technicolor qui n’a « jamais voulu, ni diminuer significativement le nombre de licenciements, ni modifier un plan clairement construit pour protéger certains en licenciant d’autres ».

La direction évoque la concurrence asiatique

En juillet, la direction de Technicolor avait justifié ces coupes dans les effectifs par des « transformations profondes et structurelles » dans le marché de la conception et de la fourniture des décodeurs numériques, « avec la baisse du recours à la télévision traditionnelle et l’apparition de nouveaux usages de consommation de la vidéo avec le streaming et la VOD qui se substituent à l’usage des décodeurs traditionnels ».

A cette évolution du marché s’ajoute l’émergence de nouveaux entrants notamment asiatiques, « dont les structures de coûts leur permettent de pratiquer des prix bien inférieurs à ceux des acteurs traditionnels », avec comme conséquence « une chute de 25 % du marché (en valeur) de la conception et de la fourniture des décodeurs numériques entre 2017 et 2020 ».