L'état remet le secteur auto sur la route

Angeline Benoit

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Le patron de Renault parle de « survie », l'Etat aligne six milliards. Face à 1 000 représentants de la filière - syndicats, constructeurs, équipementiers... - le Premier ministre François Fillon a annoncé, hier, une aide de « 5 ou 6 milliards d'euros » lors des états généraux de l'automobile. Décryptage.

L'ampleur de la crise « La survie d'un certain nombre de constructeurs, de fournisseurs et de distributeurs est en jeu », a déclaré le PDG de Renault, Carlos Ghosn. Pourtant, le groupe, tout comme PSA, n'a subi qu'un ralentissement des ventes en France en 2008, grâce au bonus-malus auquel s'est ajoutée, en décembre, la prime à la casse. Ce n'est que sur certains marchés étrangers que la crise a joué à plein, aboutissant à une baisse des ventes de 4,2 % pour Renault en 2008, et 4,9 % pour PSA. Rien à voir avec les déboires des groupes américains. « Nous ne payons pas des erreurs stratégiques. Nous sommes affectés par le report des dépenses des consommateurs à cause de la crise », reconnaît d'ailleurs PSA.

L'aide demandée Les inquiétudes portent sur l'accès au crédit (qui finance 80 % des véhicules), mais pas seulement. Les patrons demandent la suspension de la taxe professionnelle et la réduction des cotisations sociales (retraites, etc.). Ces coûts augmentent de 1 000 euros le prix d'une voiture française par rapport à son usine turque, a regretté Renault, qui « ne se pose pas la question » du financement des assurances sociales. La marque au losange souhaite aussi un soutien financier pour investir dans des technologies moins polluantes.

La réponse de l'Etat Bercy présentera des mesures en février. Face à l'hostilité des constructeurs, l'entrée au capital en contrepartie serait abandonnée. Mais pas la fin des « fermetures pures et simples » d'usines et la suppression des bonus et dividendes pour les dirigeants et actionnaires. La Commission européenne se chargera de vérifier que cela ne désavantage pas les autres pays. ■