Le trou sans fond de la Sécu

Angeline Benoit

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Mauvaises nouvelles. La Sécurité sociale devrait enregistrer un déficit de 12,6 milliards cette année, au lieu des 10,5 milliards annoncés en novembre, a indiqué hier le ministère du Budget. L'an dernier, le trou aurait franchi la barre des 10 milliards, au lieu des 9,3 milliards prévus. Une dégradation sérieuse des comptes due à un ralentissement des recettes (cotisations maladie, vieillesse, famille et accidents du travail).

Avec la crise économique, la masse salariale n'a augmenté que de 3,7 % en 2008, alors que Bercy tablait sur une hausse de 4,25 %. Par ailleurs, le relèvement des cotisations retraite a été reporté, également à cause de la conjoncture défavorable. Eric Woerth, le ministre du Budget, avait indiqué le 4 janvier que le gouvernement avait décidé un « moratoire », reconnaissant que cela posait « clairement des problèmes pour le financement de l'assurance-vieillesse ».

Ce nouveau dérapage des comptes, le deuxième depuis novembre, pose la question de l'efficacité des dernières réformes de la Sécu. Par rapport aux prévisions initiales du gouvernement, le manque à gagner est désormais en hausse de 50 %. L'objectif affiché d'un retour à l'équilibre en 2011 semble compromis. D'autant plus que la promesse avait déjà été faite, en vain, pour 2007. Elle avait alors justifié les premières franchises sur les soins introduites en 2005 par le plan Douste-Blazy (1 euros par consultation ou encore 18 euros de forfait par acte médical « lourd »). En 2009, les mutuelles et assurances privées seront mises à contribution par une taxe, laissant augurer d'une nouvelle hausse de leurs tarifs. La fuite en avant n'est pas terminée. ■